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  • Max Gros-Louis est mort

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    • Le 15/11/2020

    Celui qui était surnommé Oné Onti dans sa langue (Bon pagayeur) est mort hier.

    C’était un grand chef de la tribu des Hurons. Il avait passé une grande partie de sa vie à lutter pour que les Amérindiens aient les mêmes droits que les descendants des colonisateurs en Amérique du Nord. J’avais eu le privilège de le rencontrer en 1983 dans la réserve qui ne s’appelait pas encore Wendake près de Québec. Deux heures de discussion avec un groupe de touristes français, interrompue par des coups de fils avec des chefs de tribus des Rocheuses pour préparer une action commune. Son expression orale était incroyablement convaincante car enthousiaste et argumentée. Il avait ce jour-là renversé bien de nos certitudes de Français venus naïfs dans un pays ami. Nous avions ainsi appris que lui-même ne pouvait pas avoir la nationalité canadienne et que, si son statut lui permettait de se déplacer sans difficulté aux États-Unis, un voyage en Europe sans passeport canadien relevait d’un exploit administratif. Nous avions aussi été étonnés de découvrir que la loi canadienne ne permettait pas à l’époque aux « Indiens » d’intervenir dans tout processus faisant intervenir de l’argent public et qu’en conséquence, les Hurons n’avaient pas le droit de gérer eux-mêmes le ramassage des ordures dans leur communauté ! Il nous avait aussi expliqué que la situation des habitants des Premières nations au Canada était plus difficile au Québec que dans les provinces anglophones – un syndrome du harcelé harceleur à l’échelle d’un peuple ? Depuis 1983 des choses ont changé, c’est grandement grâce à lui.

    Voir : https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1749596/max-gros-louis-deces-wendake-grand-chef-huron-wendat-reaction-hommage

    15/11/2020

    Mots-clés : Max Gros-Louis, Huron, Amérindiens, Premières nations, Canada, Québec