Articles de brunoedouard

    • Bruno EDOUARD
    • Pharmacien retraité

Centres d'intérêts : Politique locale, santé, transports, musique, environnement

  • Opacité territoriale

    • Par
    • Le 30/01/2023

    Le 19 janvier a eu lieu à Sceaux la première réunion du Conseil de territoire Vallée-Sud-Grand-Paris (VSGP) de l’année 2023. Le point n°3 de l’ordre du jour était « Information relative à l'état des indemnités perçues par les élus territoriaux ». Que croyez-vous qu’il advint ? Le Président Jean-Didier Berger annonça d’emblée que ce point n’appelait aucun vote ni aucun débat et passa aussitôt au point n°4…

    Il semble que les conseillers territoriaux avaient dans leur dossier l’information sur leurs indemnités ; en tout cas les citoyens présents n’en surent rien. Pourquoi ? S’agissait-il de cacher la rémunération des conseillers territoriaux de base ? Ou bien celles, peut-être plus conséquentes, des membres du bureau (président et vice-présidents), par ailleurs tous titulaires d’autres mandats indemnisés ?

    Espérant en avoir le cœur net, je me connecte sur le site de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Et, là, les surprises abondent.

    • Un vice-président de VSGP n’a pas de déclarations publiées : un maire-adjoint, ce qui est légal puisqu’il n’y est pas soumis, sa commune comportant moins de 100.000 habitants.
    • Les déclarations publiées pour les autres membres du bureau de VSGP datent de 2020, après les élections municipales, certaines ont été actualisées dans le courant de 2021. Par construction, seules les déclarations actualisées en 2021 sont complètes pour l’année 2020, aucune déclaration ne peut comporter de données couvrant toute l’année 2021.
    • Sur la base  de ces déclarations pas complètement actualisées (2020) :
    • Certains vice-présidents ne déclarent aucune indemnité de VSGP. Pour les autres le montant des indemnités va de 6 864 € par an à 17 440 € par an. Sans doute un effet du plafonnement des indemnités des élus locaux à 8 730,06 € mensuels
    • Des élus cumulent des indemnités de VSGP et des indemnités ou des jetons de présence de la part de structures dépendant directement de VSGP (VSGP-Aménagement, VSGP-Développement) ou d’organismes d’habitat social ou de syndicats intercommunaux variés (traitement d’ordures ménagères, cimetière intercommunal...).
    • La plupart des élus cumulent des indemnités de VSGP non seulement avec celles qu’ils perçoivent logiquement en tant que maire ou maire-adjoint de leur ville (un des vice-présidents ne déclare pas d’indemnités comme maire de sa commune), mais aussi comme conseiller régional, départemental ou métropolitain.
    • Certains élus de VSGP ont (ou ont eu au moins jusqu’en 2020) des rémunérations professionnelles (dans des organismes publics ou parapublics : INRAE, Renater, Hôpitaux de Paris, France-Télévision, La Poste, département des Hauts-de-Seine) ou politiques (en tant que délégué général d’un parti politique), ce qui laisse donc supposer qu’ils n’exercent pas ou n’exerçaient à l’époque pas leur(s) mandat(s) à temps plein.
    • On constate aussi que certains élus de VSGP ont des participations dans des sociétés privées et en touchent parfois des dividendes. Parmi ces sociétés figurent des banques et des sociétés de services aux collectivités (assainissement, restauration scolaire…) : les élus en question ne devraient donc pas prendre part aux votes de décisions de VSGP relatives à ces sociétés (emprunts auprès de ces banques, délégation de service public aux sociétés de services par exemple). J’avoue ne pas avoir vérifié si c’était effectivement le cas.
    • Enfin, à titre infiniment plus anecdotique, j’ai vu qu’un vice-président de VSGP s’intéressait tellement peu à ses indemnités qu’il avait indiqué pour certaines d’entre elles seulement des « ordres de grandeur avec une marge d'erreur de 5% » parce qu’il n’avait pas pu consulter ou retrouver ses fiches de paie !

    Tous ces éléments sont facilement retrouvables, avec les montants, sur le site de la HATVP.

    En faisant ainsi le choix de ne pas exposer publiquement en toute transparence des données précises et actuelles ainsi que des explications, Jean-Didier Berger laisse le doute s’installer et d’aucuns imaginent maintenant un Conseil de territoire dirigé par des cumulards dorés sur tranche.  La voie ouverte aux populismes.

    Article modifié le 1er février 2023 (cas d'un vice-président initialement omis).

  • Vœux 2023

    Sylvain Richardot disait « c’est la coutume, on cherche pas à remettre en cause, on le fait, on le fait, quoi ». Pas forcément pertinent, ni facile, de souhaiter à l’entrée d’une nouvelle année des évènements à venir agréables lorsque l’année passée a accumulé la guerre, le réchauffement climatique, la crise énergétique, alimentaire et industrielle, l’inflation, la montée des populismes et que le Covid s’est installé dans la durée. Alors souhaiter au moins un peu de bonheur concret ?

    A ceux qui me font le plaisir de suivre ce blog - un peu moins de 1000 visiteurs uniques par mois désormais, merci - je souhaite que vous soyez au moins aussi nombreux ici l’an prochain et, pour ce faire, j’essaierai de ne pas trop vous décevoir.

    Aux Antoniens, je souhaite une bonne santé collective, c’est-à-dire le lancement d’un chantier de centre de santé municipal. Vœu a priori parfaitement utopique puisque le maire persiste à penser qu’offrir des locaux neufs à de vieux médecins règlera la question de la désertification médicale. Mais je nous souhaite de trouver l’obstination de toujours remettre la question à l’ordre du jour.

    Aux autres et à tous, je souhaite, pour paraphraser André Zirnheld, de trouver le courage et la force et l’envie.

  • Plan d'urbanisme

     

    La concertation sur la modification n°6 du PLU d’Antony s'est terminée hier. Voici la contribution que j'y ai déposée.

    Travaux de construction de la gare d antonypole 18 antony

    1. Antony : l’urbanisme comme outil discriminatoire

    La modification n°6, comme d’ailleurs les précédentes, établit les logements sociaux dans les secteurs les plus exposés aux nuisances environnementales. Ainsi, pour cette modification, les logements sociaux à créer suite aux exigences légales le sont dans quelques secteurs précis, avec un taux de logements sociaux plus élevé que la spécification locale assez modérée (40% au lieu de 30% sur le reste de la commune) : les zones nouvelles UGe, UCa1 et UFd1. Or, comme par hasard, la zone UGe longe l’autoroute A86, son bruit et sa pollution aérienne, et la zone UFd1 est toute proche de l’autoroute A10 et de ses nuisances, mais aussi sous une ligne à haute tension, sur des terrains utilisés encore récemment par des entreprises classées Seveso et à à peine 2 kilomètres en ligne droite des pistes de l’aéroport d’Orly. Ce confinement des logements sociaux est non seulement contraire à l’objectif implicite de mixité sociale du PADD mais il est aussi moralement injustifiable de par l’accumulation des nuisances sur les secteurs concernés.

    1. AntonyPole : une ambition sans réflexion

    L’évaluation environnementale de la modification n°6 du PLU d’Antony est l’occasion de mettre en évidence une réflexion insuffisante, peut-être même inexistante, sur les objectifs affichés. Cela entraine des oublis dont certains sont certainement encore corrigibles.

      1. Circulations douces et fluides

    Le projet urbanistique qui se devine n’oublie certes pas de cocher les éléments de langage politiquement corrects (circulations douces, mobilité active, trame verte, forêt urbaine, cœur d’ilot…) mais la mise en œuvre annoncée est plus que surprenante par son caractère irréaliste. Ainsi, la continuité territoriale « douce » entre Massy et Wissous est supposée devoir être réglée par une passerelle d’environ 1 km de long, établie à 6 mètres au-dessus d’un faisceau autoroutier comportant à son extrémité Nord pas moins de 14 voies de circulation automobile ! Le casque antibruit et le masque anti-poussière seront-ils fournis pour cet équipement d’utilité douteuse ? Sur le reste du secteur, la circulation devrait être plus paisible, du mail arboré à la forêt urbaine en passant par des cœurs d’ilots pourvus de points d’eau ; tout au plus regrettera-t-on le sort final de ces espaces verts en l’absence de toute prévision de toilettes publiques, ce qui serait facilement corrigible.

      1. Dans la brume électrique

    Le secteur d’AntonyPole est traversé par une ligne électrique aérienne à haute tension. Certes, la ville d’Antony a prévu de faire enfouir sur son territoire ces câbles par RTE. Mais cette prévision se résume actuellement à un pari: essayer de contenir l’augmentation incessante de la future facture (passée de 22 M€ à 41 M€ entre décembre 2020 et mars 2022) et tenter d’attirer dans le tour de table des co-financeurs aisés. Mais si l’enfouissement n’est finalement pas à la portée de la ville d’Antony, les servitudes de cette ligne ruineront la perspective d’un quartier arboré avec des essences de haute tige…

      1. Le bruit ne fait pas de bien

    Les environs du secteur d’AntonyPole (secteur pavillonnaire des Nations-Unies, résidence HLM des Morins, par exemple) sont actuellement bruyants : la circulation autoroutière sur le faisceau A6-A10 ne s’interrompt jamais, les décollages d’avions des pistes d’Orly ne cessent qu’en nuit profonde et les lignes électriques à haute tension bourdonnent sans arrêt. Pourtant ces habitations sont « protégées » des sources de bruit par des bâtiments industriels. Pour l’avenir qu’est-il prévu ? On va établir d’autres logements plus près des autoroutes et de l’aéroport et on les « protègera » des mêmes bruits persistants par des bureaux : comment mieux dire que l’on pérennise une situation insatisfaisante, pénible et sans doute nocive ? L’établissement de spécification d’isolation phonique des constructions sur ce secteur apparait nécessaire.

      1. Arago et Seveso, même topo ?

    AntonyPole n’a pas accueilli que des entrepôts de disques par le passé : des usines classées Seveso II (entreprise Galion, par exemple) y ont fonctionné pendant des années, des gravats d’origine indéterminée ont été abandonnés à l’air libre, notamment sur le secteur Arago-Frères Lumière. Il est dès lors bien hasardeux de prévoir des travaux de terrassements de sols possiblement pollués par des substances chimiques persistantes sans l’obligation de réalisation d’évaluations préalables.

      1. Retiens la pluie…

    La gestion des eaux pluviales ne peut évidemment pas se résumer à des formules incantatoires (rétention à la parcelle, zéro rejet…). De fait, le réchauffement climatique bouleverse les paradigmes. La notion de pluie décennale n’a pas le même sens en 2023 qu’en 2006. En 2018, Antony a été lourdement impacté par des inondations dues à une pluie très supérieure à la pluie décennale. Pour lutter contre les effets des inondations, il faut travailler sur les trois aspects : prévention, protection, récupération. S’agissant de la prévention, AntonyPole est un des rares secteurs antoniens où la glaise ne domine pas, la désimperméabilisation y est plus aisée qu’ailleurs, il serait logique que, sur ce secteur au moins, l’emploi d’enrobés drainants soit rendu obligatoire pour les circulations et les stationnements. Concernant la protection, il parait presque ahurissant qu’aucune spécification n’apparaisse quant aux déversoirs d’orages et aux bassins de rétention.

    1. La cohérence aux abonnés absents

    La modification n°6 du PLU d’Antony a pour objectifs affichés de corriger des erreurs matérielles. Il est dommage qu’elle oublie des incohérences anciennes et même qu’elle en introduise de nouvelles.

      1. La conciliation impossible des servitudes et des objectifs ?

    Le PLU d’Antony oblige la plantation d’arbres, notamment dans les jardins de la zone UD, et c’est parfaitement vertueux, logique et cohérent avec le PADD. Mais les servitudes ferroviaires interdisent la plantation d’arbres à moins de 6 mètres du pied de talus et même de haies vives à moins de 2 mètres (partie 5.2.4 du dossier, pages 37 et suivantes). Impossible à concilier ? Pourtant, la loi du 15 juillet 1845 modifiée prévoit que le Préfet puisse établir une dérogation avec une limite réduite à 2 mètres pour les arbres et à 0,5 mètre pour les haies ? N’est-il pas urgent de solliciter le Préfet en ce sens ?

      1. La possibilité d’une gare

    Dans les règlements de différentes zones, figurent des obligations concernant le nombre de places de stationnement par logement. La création de la nouvelle zone UGe avec une spécification de 1 place par logement est justifiée par le fait que cette zone est à proximité d’une gare de RER (Croix-de-Berny) et d’une future station de tram, ce qui apparait logique. Mais les zones UCd et UGd, dans le même secteur, avec les mêmes proximités de la même gare de RER et de futures stations de tram, sont soumises à une spécification de 2 places par logement. La zone UI, établie aussi à proximité d’une gare de RER (Fontaine-Michalon), relève d’une spécification différente : 1 place de stationnement couvert + 1 place de stationnement découvert. Une harmonisation fonctionnelle (à situation identique, spécification identique) ne serait-elle pas salutaire ?

  • Conseil municipal : focus sur...

    Le conseil municipal d’Antony se tient en principe tous les deux mois. L’ordre du jour est fixé par le maire, il comporte plusieurs dizaines de délibérations sur des projets de décisions. Chacune est présentée par un élu de la majorité, qu’on appelle le rapporteur. Les élus des minorités posent des questions, demandent des éclaircissements, expliquent pourquoi ils sont d’accord ou pas sur la décision proposée. Puis le conseil municipal vote et on passe au point suivant. Ce processus emmène l’assemblée jusque tard dans la nuit… Les enregistrements vidéo des réunions sont accessibles sur le site de la mairie (Vidéos du Conseil municipal | Ville d'Antony (ville-antony.fr)). 

    Pour chaque réunion du Conseil, je donnerai ici un coup de projecteur sur un des sujets qui auront été traités.

    Pour ce mois de décembre 2022, le focus sera sur : les crématoriums en Ile-de-France.

    Le Conseil municipal avait en effet à prendre connaissance du rapport d’activité 2021 du Syndicat intercommunal funéraire de la région parisienne (Sifurep). Je suis intervenu à ce sujet et j’ai exposé ce qui suit.

    « En France en 2020, 40% des décès sont suivis d'une crémation. Pour répondre à cette demande de plus en plus marquée, nous avons sur le territoire du Sifurep cinq crématoriums (Arcueil, Nanterre, Clamart, Champigny/Marne, Montfermeil), ils ont réalisé à eux cinq 8902 crémations en 2021 soit 1780 par site en moyenne (de 1470 à Montfermeil jusqu'à 2229 à Clamart) ; cela fait quand même 6 crémations par jour ouvrable, ce qui ne permet pas toujours de réaliser des cérémonies parfaitement dignes. Ces données sont à comparer aux statistiques nationales (1346 crémations par site) : même le moins actif de nos 5 crématoriums dépasse largement la moyenne nationale. Si on regarde non plus l'activité mais le potentiel, les chiffres sont encore plus parlants : il y a en France environ 200 crématoriums, soit 1 pour 330.000 habitants mais sur le territoire du Sifurep seulement 5 crématoriums pour 4,7 millions d'habitants soit 934.000 habitants par crématorium, 3 fois moins que la moyenne nationale. 

    Il est donc nécessaire de développer l'offre en crématoriums en petite couronne (la demande est là, les prix sont inférieurs à l'inhumation). Il faut le faire harmonieusement (il y a des besoins sur les trois départements de la petite couronne) mais les Hauts-de-Seine comportent les deux crématoriums les plus actifs du Sifurep. Certains d’entre nous ont été confrontés aux cérémonies de crémations à Clamart ou à Arcueil ou aux Ulis. Mais un crématorium sur le secteur (Antony, Fresnes, Chatenay...) semble évidemment nécessaire.  Je pense que nos déléguées au Sifurep (Christiane ENAME et Isabelle ROLLAND) pourraient saisir sa commission des équipements funéraires ».

    Le Maire a répondu qu’en tout cas, il n’y aurait pas de crématorium à Antony, la place manquant.

  • Commission : impossible !

    Récemment désigné à nouveau conseiller municipal, j’ai participé hier, 8 ans après la fin de mon précédent mandat, à une des commissions municipales chargée de préparer le Conseil, celle de la culture, du sport, de l’animation et de la vie associative.

    CommissionJe n’écrirai rien du fond des dossiers abordés, ce type de structure étant, par nature, situé en amont des décisions définitives qui seront prises en Conseil municipal. Mais je peux révéler quelques aspects formels du fonctionnement de cette instance.

    Un mot sur la composition : quatre élus de la majorité, dont trois en charge d’un des secteurs relatifs à la commission (maire-adjoint ou conseiller municipal délégué) , assistés de quatre fonctionnaires des services communaux concernés et quatre conseillers municipaux d’opposition issus de deux des trois groupes minoritaires.

    Durant une heure et demie, chacun des quatre secteurs concernés expose l’actualité de son domaine et présente les délibérations qui seront mises à l’ordre du jour du Conseil municipal. La méthode est très différente selon le secteur concerné. Sur le sport, chaque membre de la commission a reçu deux jours avant la réunion un courriel avec un dossier comportant notamment les projets de délibérations, il a donc pu étudier ces documents avant de siéger. En revanche, sur les trois autres secteurs, la qualité de l’information de la commission est bien moins élevée. Sur la vie associative, les membres de la commission n’ont droit qu’à la projection d’une présentation informatique, qui, hélas, n’est pas dépourvue d’erreurs de calcul ! Le secteur de l’animation et celui de la culture distribuent chacun en séance un document : une simple liste d’évènements pour les animations, les tarifs envisagés étant présentés oralement ; un document plus complet pour la culture.  Dans les quatre cas, les élus d’opposition posent des questions, font des remarques et des propositions, auxquelles les élus et fonctionnaires concernés répondent : selon le cas de façon précise et complète mais aussi parfois par des échappatoires du style « on y réfléchit ».

    Curieusement, c’était déjà exactement la même chose en 2013…

  • Inondations à Antony

    En juin 2018, la commune a connu des précipitations très violentes qui ont entrainé une inondation de plusieurs quartiers de la ville, notamment tous les secteurs en dessous de la rue des Rabats et le long du trajet souterrain de la Bièvre. Cette inondation n’était pas inattendue puisque, auparavant, en 1982, en 2001, en 2008, en 2010, d’autres inondations ont entrainé des dégâts. Depuis, de vieux projets ont été évoqués à nouveau, de nouvelles réalisations ont été étudiées. En 2022 enfin une amorce de réalisation concrète se dessine.

    Le 17 novembre dernier, la Direction de l’eau du département des Hauts-de-Seine a convié à Vasarely des habitants du quartier du conservatoire, en présence du Maire, pour les informer des travaux de construction d’un bassin de rétention des eaux pluviales à l’angle de la rue de l’Avenir et de la rue du Chemin de fer. J’étais présent à cette réunion, j’y ai posé des questions, je rapporte ici les éléments obtenus.

    Le bassin sera enterré, il fera 22 m de haut sur 13 m de diamètre, son volume utile sera de 4900 m3 utiles. Sa construction est justifiée parce que le réseau de collecte des eaux pluviales le long de la RD920 est insuffisamment dimensionné. Le bassin est destiné à récupérer partiellement des pluies d'un flux correspondant à la pluie décénale (susceptible de revenir une fois tous les dix ans). Il sera branché en Y sur le réseau existant avec une chambre de répartition en amont, les eaux en excédent du réseau entreront dans ce bassin, y seront stockées provisoirement et pourront ensuite (après la fin de la pluie) être pompées progressivement dans le réseau. La construction de ce bassin durera 18 mois à partir de janvier 2023.

    La direction de l’eau a exposé les mesures de précaution qui devraient être prises : les horaires du chantier seront fixés par un arrêté municipal, le niveau sonore sera limité a priori par des choix technologiques adaptés et contrôlé a posteriori, l'éclairage du chantier ne sera activé que pendant les travaux, les roues des camions seront nettoyées en sortie de chantier, si nécessaire une brumisation anti-poussière sera mise en œuvre, la collecte des ordures ménagères sera maintenue, l'entreprise déplacera les poubelles de la porte des riverains des rues barrées au point de collecte, des cheminements dédiés aux piétons seront créés, une signalisation "Cyclistes, pied à terre" sera mise en place sur les bandes cyclables neutralisées.

    Des circulations de camions sont à prévoir : évacuation des déblais et approvisionnement en béton, surtout entre juillet et novembre 2023, avec 10 rotations par jour 3 j/semaine et 25 rotations par jour 2 j/semaine. Les camions en attente stationneront avenue Sommer, rejoindront la RD920 par l'avenue Léon-Jouhaux, puis sortiront du chantier par la RD920 puis les rues Guillebaud et Marcelin-Berthelot.

    Le calendrier du chantier est prévu ainsi (voir flyer) : Flyer bassin avenirflyer-bassin-avenir.pdf (4.08 Mo)
    - en janvier 2023 : construction du cantonnement rue du Chemin-de-fer au droit de la rue Thierry, travaux préparatoires sur le triangle RD920-Avenir-Chemin de fer ;
    - de février 2023  à février 2024 : neutralisation des 2 voies à l'ouest de la RD920 (double sens maintenu) ;
    - de mars à juillet 2024 : neutralisation des 2 voies à l'est de la RD 920.

    Le cout de l’opération est d’un peu plus de 10 millions d’euros, en totalité à la charge du département des Hauts-de-Seine qui détient la compétence de transport des eaux pluviales (c’est le territoire Vallée-Sud-Grand-Paris qui a la compétence de collecter les eaux pluviales, le syndicat interdépartemental de l’assainissement de l’agglomération parisienne qui a celle d’assainir ces eaux avant de les rejeter dans le milieu naturel et c’est la Métropole du Grand-Paris qui a la compétence pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations).

    Quelques commentaires personnels :

    • Avec le changement climatique, la notion de pluie décénale est à réinterpréter, des pluies très importantes sont susceptibles de se produire désormais bien plus souvent que les données historiques le laissent entrevoir (pour rappel, avec 70 mm en quelques heures, la pluie de juin 2018 était bien plus intense que la pluie décénale) ;
    • Ce bassin de rétention, initialement promis pour 2009, ne protègera que la partie du vallon des Rabats située à l’ouest du bois de l’Aurore, le Maire estime que les habitations en-dessous du Bois seront protégées par le nouvel aménagement de cet espace (noues), mais les quartiers à l’est (rue Massenet, boulevard Colbert…) resteront soumis au même risque qu’actuellement ;
    • La construction d’un autre bassin de rétention, dit du Moulin de Berny, à Fresnes, envisagé dès 2007 et réclamé par les maires de Fresnes et d’Antony en 2018, reste indispensable : sa construction nécessite 50 millions d’euros à réunir entre les différents acteurs intéressés mais actuellement seulement un peu plus de la moitié est assuré grâce au département du Val-de-Marne,  au syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne, à l’Agence de bassin Seine-Normandie et à la ville de Fresnes ;
    • Le département des Hauts-de-Seine a un autre projet qui consisterait à utiliser un collecteur profond et sans emploi comme bassin de rétention avec une capacité de près de 8000 m3 ;
    • Le Maire d’Antony assure que l’aménagement du parc Heller, avec la remise à l'air libre de la Bièvre, équivaudra à une capacité de rétention de 15000 m3, payé par la Métropole du Grand-Paris…
    • Sachant qu’Antony représente à elle-seule près de 60% de toutes les interventions, notamment en urgence, de désobstruction des réseaux de collecte du territoire Vallée-Sud-Grand-Paris, comment comprendre que cette intercommunalité ne soit pas plus active pour résoudre ces problèmes ?

    Commencerions-nous à voir le bout du…  collecteur ?

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    Actualisation du 1er février 2023 :

    Hier 31 janvier 2023, j'ai appris par la Directrice départementale de l'eau que le financement du bassin de rétention du Moulin-de-Berny à Fresnes, évoqué plus haut, était désormais finalisé, la Métropole du Grand-Paris ayant donné son accord il y a deux semaines. Enfin !

  • Antony au mois d'aout

    Le site internet de la mairie l’annonce fièrement : Antony passe à l’heure d’été ! Autrement dit : tous les services et équipements municipaux sont fermés. Tous ? Non, car quelques îlots résistent encore et toujours à l’envahisseur estival : la piscine Pajeaud (mais sans la fameuse fosse de plongée que la France entière nous envie…), les stades, les parcs et une médiathèque sur deux. Et puis aussi le cimetière, canicule oblige.

    C’est bête, mon abonnement de stationnement résidentiel se termine le 23 aout, pas sûr que je puisse le renouveler à temps. Mais l’espoir renait soudain, je viens de recevoir un mail d’Easypark me rappelant justement cette formalité à accomplir. Je me précipite sur mon clavier, je n’ai pas perdu mon mot de passe, le site Easypark me reconnait, m’affiche mes « droits » (ça fait un peu arrestation par le FBI, non ?) et même me propose de les renouveler moyennant le téléchargement de la carte grise et d’un justificatif de domicile. Je m’exécute et hop ! Le message d’erreur me saute au visage : « Une erreur s’est produite, veuillez réessayer ». Je réessaie aussitôt, sans succès, je réessaie le lendemain, pareil, je réessaie le jour suivant, pas mieux. J’envoie un mail au service du stationnement qui me répond sur le champ : il rouvrira le 4 septembre.

    Je décide alors de passer de l’immatériel à l’humain et téléphone au parking du marché : enfin quelqu’un de réel va s’occuper de mon cas. Eh bien, oui mais pas vraiment : il visualise bien mon dossier mais c’est tout ; d’ailleurs, d’après ce qu’il me dit, je ne suis pas le premier à l’avoir appelé pour des questions de stationnement abandonnées par l’informatique cet été. Nous convenons que je vais persister à essayer et que, au cas probable où ça ne s’arrange pas, je passerai le voir dans son sous-sol du parking le 23 aout.

    En désespoir de cause, je me dis que l’élu en charge du stationnement est peut-être comme moi derrière son clavier. Je trouver son adresse mail sur le site de la mairie et lui explique mon désarroi. Mais le conseiller municipal délégué au stationnement n’est visiblement pas présent cette semaine.

    Un brin d’optimisme : le message d’erreur d’Easypark mentionne : « Nous travaillons pour résoudre votre problème », me voilà rasséréné !

    Erreur

  • Notre forêt brule et nous regardons ailleurs…

    De tout temps, le feu et la forêt ont été des ennemis intimes. Mais depuis le milieu du siècle passé, le tourisme, la spéculation foncière, la modification des pratiques agricoles et sylvicoles, la dispersion des habitats hors des bourgs ont favorisé de grands incendies de forêt, surtout dans le Sud-est de l’Hexagone mais aussi dans les Landes. Pour combattre ces incendies, les moyens classiques, la prévention et la lutte aux lisières, ont été parfois débordés et le recours à des avions bombardiers d’eau (ABE) a paru nécessaire.

    Ces moyens aériens sont concentrés dans le Sud (d’abord à Marignane, à Nîmes depuis 2017) et sont déployés en été selon les besoins sur quelques aérodromes, tous méridionaux (Cannes, Solenzara, Bordeaux…). Cela n’a pas empêché le recours ponctuel à la coopération avec les pays voisins dans les deux sens (aide aux Espagnols en 2012, aux Portugais en 2012, 2013 et 2017, aide des Italiens pour des incendies en Corse en 2016 et 2017 et aide des Croates et des Suédois en 2022).

    Depuis une vingtaine d’années, les épisodes de sécheresse et de canicule ont complètement modifié la géographie des incendies de forêt. Il y a désormais des incendies de forêt dans le Nord de la France, y compris des incendies nécessitant l’engagement d’ABE (Loir-et-Cher en 2020, Bretagne en 2022). D’autre part, la stratégie de lutte fait désormais intervenir la notion de « guet aérien armé », avec des ABE chargés à la fois de la détection précoce des incendies et de leur traitement en moins de 10 minutes par largage d’eau déjà en soute. Il était donc évident depuis le début du siècle que la flotte aérienne française de bombardement d’eau devait être renforcée et adaptée. Malheureusement, les atermoiements des gouvernements de l’époque (de Jospin à Castex) bercés par des rapports parlementaires lénifiants (tels celui du sénateur socialiste Claude Haut en 2006) n’ont pas permis d’anticiper la situation actuelle. Se posait aussi avec acuité la question des départements et collectivités d’outre-mer, largement oubliée par ces mêmes responsables. Ils avaient connu (dès 2004 en Nouvelle-Calédonie) des épisodes d’autant plus inquiétants que leur éloignement de la Métropole rendait difficile tout renfort rapide. Dans le cas de la Nouvelle-Calédonie, en 2005 la France avait loué des hélicoptères bombardiers d’eau (HBE) australiens, mais on sait que ce pays ayant lui-même fort à faire avec des incendies dévastateurs sur son sol, il ne sera pas forcément toujours prêt à répondre favorablement. A la Réunion, depuis 2010, un ABE est détaché chaque année de septembre à décembre lorsque la saison sèche se termine en principe dans l’Hexagone. La Guyane a été jusqu’ici épargnée par les incendies ayant touché la forêt amazonienne brésilienne mais rien ne dit qu’il en sera toujours ainsi.

    La flotte française d’ABE comportait jusqu’au début de 2020 25 appareils avec 3 modèles différents : 9 Tracker capables de larguer individuellement 3000 litres d’eau sur des feux naissants, 12 Canadair CL-415 destinés à l’attaque massive en groupes de 3 ou 4 sur des feux établis avec une capacité de 6000 litres d’eau chacun et 4 Dash 8, réputés polyvalents mais délicats d’emploi sur les reliefs, capables de larguer 10000 litres d’eau avec du retardant sur des lignes d’arrêt c’est-à-dire en protection sur des forêts menacées mais pas encore atteintes. Problème : sans commandes régulières, la fabrication de ces Canadair a été arrêtée en 2015, ceux existants devront être retirés du service vers 2025, les Tracker étaient hors d’âge et ont dû être retirés en février 2020. Un appel d’offres pour acquérir des ABE a bien été lancé en 2016, donc un an trop tard pour avoir des Canadair neufs (merci au gouvernement de l’époque, un certain Manuel Valls) : il a abouti à l’achat de 6 Dash pas encore tous livrés. Depuis, le dogme est « c’est un problème européen, à l’Europe de le régler » - sans rire ?

    Heureusement, l’Indonésie et le Canada n’ont pas attendu que la France et l’Europe se réveillent. Sollicité par le gouvernement indonésien, la société canadienne De Havilland  a lancé un nouveau modèle de Canadair, le DHC-515, il devrait être certifié en 2025 et les premières commandes (celle de l’Indonésie, donc) devraient commencer à être livrées en 2026 ; pour les pays européens dont la France, ce serait 2029…

    En attendant, des solutions existent sans doute. Les Américains ont transformé leurs avions de transport militaire C-130 en ABE. Pourquoi la France qui en possède 5 ne l’a-t-elle pas fait aussi ? Elle aurait pu également étudier la transformation d’avions Casa CN-235 qui sont d’ailleurs déjà positionnés dans les outremers (notamment 3 à Cayenne, 2 à la Réunion et 3 à Nouméa). Restera bien sûr la question du recrutement de nouveaux pilotes, de la formation des anciens et de leur rémunération à la hauteur de leur technicité et des risques qu’ils encourent.

    Voilà un sujet sur lequel un gouvernement responsable devrait être présent. Je rêve ?

  • Libérer les trottoirs !

    Historiquement, sous Patrick Devedjian, la voiture était reine à Antony, les piétons, les personnes à mobilité réduite (PMR) et les vélos étaient ignorés. Depuis quelques années, bien que la municipalité actuelle se réclame toujours de la succession de Patrick Devedjian, pas mal de choses ont changé, au moins pour les PMR et les vélos en ce qui concerne les infrastructures. Actuellement, la quasi-totalité d'Antony est classée en zone 30 (sauf voirie départementale), il y a des pistes ou bandes cyclables, beaucoup de rues de zone 30 sont autorisées en contresens cyclable, quelques voies de zone résidentielle sont en zone 20 de rencontre. Il y a actuellement deux projets d'apaisement de la circulation en centre-ville : la rue Auguste-Mounié et la rue de l'Eglise ; dans les deux cas, il y a eu une consultation un peu sommaire de la population sur ses attentes.

    Cependant, la circulation des piétons n'est pas facile à Antony. Trottoir pavillons

    Antony conserve encore sur ses trottoirs les stigmates de sa préférence automobile passée : les trottoirs sont souvent étroits et souvent encombrés de poteaux pour panneaux de signalisation routière, parfois redondants, parfois inutiles. C'est d'autant plus absurde qu'il y a dix ans la Mairie a enfoui toutes les lignes électriques et téléphoniques mais sans repenser à cette occasion les implantations de panneaux de signalisation routière sur les poteaux d'éclairage...

    Poubelles sur trottoir v

    L'encombrement des trottoirs est également "assuré" par les poubelles. Pour la collecte sélective des ordures, Vallée-Sud-Grand-Paris a choisi un calendrier complexe : résultat, pour nombre de foyers où chacun travaille/étudie en dehors d'Antony, les poubelles sont sorties la veille au soir ou tôt le matin et rentrées le soir et les trottoirs sont donc encombrés toute la journée 4 jours sur 7... D'autant que les consignes officielles sont de sortir les poubelles sur le trottoir, même si certains Antoniens commencent à sortir leurs poubelles sur la chaussée au niveau du "bateau" de leur pavillon, emplacement qui ne gêne personne, mais la mairie veut ignorer cette initiative.

    Il y a quelques années, la RD 920 a été refaite. Le Président du Conseil général était alors Patrick Devedjian, il a refusé toute idée de bande cyclable sur chaussée ou de couloir de bus ou de diminution des stationnements automobiles en centre-ville. Cette rénovation a alors abouti à des pistes cyclables sur les trottoirs. Ces pistes ne sont matérialisées que par la couleur du revêtement. Compte tenu de la largeur des trottoirs, du stationnement fréquent de voitures sur les trottoirs, la cohabitation autorisée des vélos et des piétons sur les trottoirs devient dangereuse.

    Stationnement mounie

    En dehors de la RD 920, les vélos et les scooters (notamment - mais pas seulement - les livreurs de MacDo et consorts) supportent de moins en moins de devoir partager la chaussée avec les automobiles. Beaucoup d'entre eux circulent désormais sur les trottoirs sans que la Police municipale puisse intervenir en pratique. Des incidents sérieux se sont déjà produits. Une campagne de sensibilisation a été effectuée il y a quelques années mais, basée essentiellement sur la perspective d'une amende, elle a été rejetée par la communauté des cyclistes.

    Le territoire d'Antony est traversé par quatre axes structurants parfois difficiles à traverser par les piétons : deux axes routiers : la RD 920 du Nord au Sud et l'A 86 d'Ouest en Est ; deux axes ferroviaires : le RER B du Nord au Sud, le RER C du Sud à l'Est. Malgré sa "requalification en boulevard urbain", la RD 920 reste une voie très roulante (limitée théoriquement à 50 km/h, en pratique utilisée souvent à 70 km/h), des accidents mortels voiture contre piéton ont eu lieu, notamment à La Fontaine. L’A86 pose également problème dans la mesure où les véhicules qui la quittent à la sortie Croix-de-Berny ne réduisent pas leur vitesse autoroutière immédiatement, des accidents corporels concernant des enfants ont eu lieu à la Croix-de-Berny près de l'école Pasquier. Le RER B pose assez peu de problèmes dans la mesure où il circule souvent sur talus à Antony et où les piétons peuvent emprunter d'anciens passages de cours d'eau aménagés. A noter cependant qu'au niveau de la station des Baconnets, les trottoirs sur les ponts des RER (B et C) sont particulièrement étroits et inadaptés aux PMR. Le RER C pose aussi un problème de sécurité au niveau de la gare de Chemin d'Antony où le passage sous voie est inaccessible aux PMR et où les collégiens et lycéens en retard traversent parfois directement sur la voie ferrée (empruntée aussi par des TGV) au lieu de passer en dessous... Certes, pour ces questions, la mairie ne peut pas faire grand chose seule, la compétence étant selon le cas celle du CD 92, de la RATP, de SNCF-Réseau,...

    Passage de la bievre

    Dans les quartiers pavillonnaires, se pose enfin la question des haies de clôture. Quelques propriétaires laissent leurs haies prospérer sur le trottoir jusqu'à y rendre impossible le déplacement des piétons. Cette attitude est interdite par un arrêté du Maire mais rien n'est entrepris pour le faire respecter en pratique.

    Chaque année (pour 2022, c’est le 30 juin), le Conseil municipal examine, en général à une heure du matin et en une minute, le rapport de la sous-commission d’accessibilité des PMR. Jusqu’à présent, elle s’est focalisée sur les traversées de chaussée et l’accès des services publics, les trottoirs sont souvent oubliés. J’espère me tromper : à vérifier demain soir en ligne…

     

     

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    Mise à jour du 18/07/2022

    Un petit addendum pour exposer ce qu’il a été dit au Conseil municipal du 30 juin.

    Tout d’abord, je bas ma coulpe : j’avais pronostiqué que le rapport de la sous-commission  d’accessibilité serait expédié en une minute à une heure du matin, je me suis trompé. Le dit rapport a été examiné vers minuit et demi et le Conseil lui a consacré plus de 6 minutes ! Tout est visible à Vidéos du Conseil municipal | Ville d'Antony (ville-antony.fr) (à partir de 04 :33 :10).

    Sur le fond, cependant, peu de raisons de se réjouir. La conseillère municipale déléguée, Mme Aubert, a présenté son rapport en 25 secondes chrono et, sans l’intervention de David Mauger (Antony Terre Citoyenne), relayé ensuite par Sylviane Aschehoug (Antony Terre Citoyenne aussi) et Nadia Desbois (Antony en mouvement), on en serait resté là. David a commenté différents points (l’absence chronique des associations de commerçants à la sous-commission, l’encombrement des rails de guidage pour malvoyants par des véhicules en stationnement interdit, l’inaccessibilité des certains locaux des Ans toniques aux personnes à mobilité réduite) et a exposé la question des trottoirs, reprenant nombre de remarques que j’ai exprimées ci-dessus, notamment sur leur encombrement par les poteaux, les poubelles, les vélos… Mme Aubert a admis que le problème des rais de guidage était réel. Pour le reste, elle ne savait pas, elle n’était pas au courant, personne ne lui en avait parlé, il fallait que les associations et « les gens » aillent la voir, elle n’inventait pas ce que « les gens » ne lui disaient pas et qu’elle ne mangeait personne !... Relancée par David et Sylviane, elle s’est enferrée sur sa position, laissant entendre que la parole des conseillers municipaux d’opposition ne valait pas celles des « gens ». Ces réponses amènent inévitablement à se poser la question : Mme Aubert (anne.aubert@ville-antony.fr) se moque-t-elle du monde ou bien ne sort-elle jamais de chez elle ?

  • D'une guerre l'autre

    J'étais avant-hier à la cérémonie de commémoration de l'arrêt des combats en Algérie en 1962.

    Cette guerre avait trois caractéristiques :

    * c'était un affrontement entre deux peuples voisins qui avaient eu une histoire commune pendant plusieurs générations ;

    * c'était un conflit entre un état "fort", équipé, entrainé et dominateur et un peuple qui refusait le système colonial que le "fort" voulait lui imposer ;

    * techniquement, c'était une guerre entre une supériorité aéroterrestre évidente et une guérilla appuyée sur la connaissance du terrain et le soutien des populations.

    En 2022, l'histoire hoquète et la guerre en Ukraine présente ces mêmes caractéristiques. 

  • Solidarité avec l'Ukraine envahie

    Bleu et jaune sur barbelé...

    Merci à 

    Kathy Büscher, Rinteln, Deutschland et à Wikimedia Commons.

  • Élection départementale à Antony : quels enseignements ?

    Trois mois après l’élection, l’action et l’émotion sont à distance, il est possible de sortir des apparences évidentes pour tenter une analyse politique, cependant forcément subjective, de ce scrutin.

    Le premier point est que, globalement, il y a peu de changements par rapport à la précédente élection départementale (2015), les grands équilibres se retrouvent. Certes Jean-Yves Sénant a été contraint à un second tour. Mais la droite classique reste autour de 50% (51% en 2015, 50% en 2021 en additionnant Sénant et Lajeunie), le Front national perd 3 points à 8%, la gauche antilibérale (Citoyens à Antony, PCF, LFI) en perd 2 à 11%. L’analyse est plus délicate pour la social-démocratie et le centre-gauche dans la mesure où le Parti socialiste était absent de l’élection de 2021 et LaREM n’existait pas en 2015) mais cette sensibilité perd plus de 6 points à 13%. En revanche, les Verts gagnent 11 points à 17%, dépassant même le score obtenu à l’élection régionale du même jour (14%). Cette performance est-elle due à une meilleure mobilisation dans un contexte d’abstention marquée ou à la diffusion des idées écologistes chez des électeurs auparavant plus politisés, l’avenir le dira.

    Si on regarde les résultats par bureaux, on concrétise une fracture politique nette entre quartiers. Dans 19 bureaux sur 44, la gauche est en effet devant LaREM et dans 5 bureaux devant EELV. A l’inverse, on relève des bastions de la droite dure : dans 17 bureaux la gauche est devancée par Lajeunie et même dans 8 bureaux (inclus dans les 17) par le RN.

    Concernant le second tour, contrairement à ce qu’on a pu entendre, le report des voix de gauche sur les Verts est effectif (un seul bureau affiche un mauvais report) mais insuffisamment pour inquiéter Jean-Yves Sénant. Notons que les 8 bureaux où les votes blancs sont très significatifs (plus de 8%) sont, dans 6 cas sur 8, des bureaux où la droite était majoritaire au 1er tour.

    En conclusion Antony reste une ville-canton de droite, l’écologie a été portée par l’élection régionale (ce qui valide a posteriori sa stratégie électorale), LaREM ne réussit pas à retrouver tous les ex-électeurs de la social-démocratie, la gauche antilibérale résiste.

    Ce texte a été publié dans le numéro 71 d’Agora (septembre 2021).

  • La rentrée se prépare à Antony

    Plus qu’une semaine et ce sera la rentrée, déjà le Sélect a rouvert. Quoi de neuf à Antony ?

    La place du marché se termine, la dalle de granite est complète, les piétons doivent désormais prendre garde aux livreurs de burgers en scooter qui la traversent à toute vitesse, on annonce un opticien Afflelou en face de l’opticien Kris, les appartements au-dessus des restaurants commencent à se revendre (la faute au bruit matinal du marché trihebdomadaire ou à celui vespéral quotidien des terrasses ?), on découvre un fléchage vers un « centre des impôts » à 5 minutes de la rue Mounié alors qu’il est à Sceaux ! 

    Opticiens 20210822Centre des impots 20210822

    La police municipale a enfin de nouvelles recrues et de nouveaux matériels. Un jeune agent patrouille désormais le marché armé d’un Taser pour vérifier que les clients portent bien le masque. Un nouveau véhicule a été acquis aussi. Peut-être que maintenant notre police va pouvoir s’occuper de l’enlèvement des voitures abandonnées ? 

    Police municipale 20210822Voitue ventouse 20210822

    Les travaux du bois de l’Aurore avancent. Depuis la fermeture intervenue en juin 2018, le chantier s’est éternisé, bloquant même l’accès de plusieurs riverains à leur domicile, mais on voit enfin le bout du tunnel. Ou plutôt le bout du tremplin de ski : en effet le cheminement central semble fait du revêtement imperméable préféré de notre maire. Gageons qu’au premier gros orage, la pluie va dévaler sur la rue de la Mutualité…

    Bois de l aurore 20210822

     Le respect de la biodiversité s’affiche jusque dans les « passages » qui ne méritent plus ce nom. Celui de la Bièvre, envahi d’un côté par les orties de la RATP et de l’autre par les troènes de la propriété voisine, ne permet plus qu’un cheminement hasardeux. Il est temps de le nommer « Sentier de la Bièvre au Bois dormant » ! 

    Passage de la bievre

    22/08/21

    Mots-clés : Antony, Place du marché, police, Bois de l’Aurore, inondations.

  • Orpaillage au Mont-Blanc : quelques pépites

    Orpaillage au Mont-Blanc : quelques pépites

    Depuis l’ouverture du centre de vaccination à Vasarely (le 15 mars) le Conseil municipal se réunit dans la salle du Mont-Blanc. La semaine dernière, innovation incroyable, le Conseil s’est réuni un mercredi ! Il faut dire que cette séance n’était pas vraiment prévue à l’origine, elle a dû être montée rapidement pour approuver dans les temps requis une délibération sur le temps de travail des personnels communaux.

    Est-ce la brièveté de ce Conseil (moins de 3 heures) qui a permis de détecter dans le sable de la rivière des interventions quelques surprenantes pépites ?

    Comme un coup de tonnerre dans un ciel serin, la première révélation vint de Pierre Médan. Tant qu’il était seulement adjoint aux finances, il se montrait cassant, sûr de lui et dominateur. Mais maintenant qu’il est candidat (remplaçant) au conseil départemental, le voilà plus calme, hésitant même. Interrogé successivement par David Mauger et M. Hobeika sur le cout final d’un emprunt toxique récemment renégocié (8% d’intérêts en 2020 !), il reconnut être incapable de répondre : pensez donc, il lui aurait fallu faire des calculs, peut-être même avec un tableur Excel… C’était Pierrot le flou ?!

    Dans la même veine, Jean-Yves Sénant montra une faiblesse inaccoutumée dans sa tentative de réponse à une question écrite d’Isabelle Lajeunie sur l’urbanisme de la zone pavillonnaire. Ne pouvant énoncer clairement que des petits collectifs n’étaient pas illogiques en zone UD s’ils respectaient les prescriptions du plan d’urbanisme, il crut bon de citer une de mes interventions au Conseil en 2013 où je défendais cette position (intervention sur laquelle, 8 ans après, je n’ai rien à retrancher). A cette occasion, il m’affubla du titre de « porte-parole de la liste de gauche ». « Se souvenir des belles choses », la mémoire qui part, tragique… Evidemment, en 2013, il n’y avait pas au Conseil municipal une « liste de gauche », il y avait deux groupes de gauche et je n’étais le porte-parole d’aucun d’entre eux…

    Notre maire poursuivit dans le style « C’est pas de ma faute, c’est les autres ! » au sujet du déploiement de la fibre à Antony. Il y a 6 ans, Patrick Devedjian et Véronique Bergerol s'étaient engagés dans leurs promesses électorales départementales à « achever le déploiement de la fibre optique dans toute la ville d’Antony », notamment grâce à l’opérateur que Patrick Devedjian avait choisi, Covage. Comme ce déploiement n’est toujours pas effectif, Jean-Yves Sénant en fut donc réduit à prier l’Autorité de régulation des télécommunications (ARCEP) d’intervenir pour l’aider à tenir avec retard les promesses de son prédécesseur.

    Sur les tarifs d’animation musicale, Isabelle Rolland, appelée à secourir Pierre Médan sur une question trop ardue de Sylviane Aschehoug, fit une réponse lumineuse en insistant sur le fait qu’être demandeur d’emploi n’était pas, en soi, un indice de fragilité économique, au contraire de l’allocation du RSA. Eh oui, il y a 5 ans c’était justement notre argument pour obtenir un tarif réduit au Sélect pour les allocataires des minima sociaux : preuve tardive de l’efficacité de notre stratégie d’opposition d’influence ! Comme désormais notre combat est le taux d’effort intégral, tous les espoirs nous sont donc permis pour 2025 !...

    Le Conseil municipal eut à délibérer sur la création d’un conseil antonien des Européens où les notions élémentaires de géopolitique ont été un peu bousculées. En effet, la délibération évoquait à la fois les « peuples européens voisins et amis » (donc sans doute avec les Britanniques et les Suisses en tant que voisins et avec les Arméniens et les Libanais comme amis) mais aussi la « citoyenneté européenne » (ce qui implicitement ne concerne que les états membres de l'Union européenne). De plus, le document annexé à la délibération était illustré par 50 drapeaux dont ceux du Vatican, de la Turquie et de la Russie : « Adieu vieille Europe, que le diable t’emporte »… La réponse fut apportée en séance par Rosa Dumoulin, on en resterait à l’Union européenne, les voisins et amis attendront.

    En fin de conseil, Jean-Yves Sénant fit à l’auditoire une surprise au double effet : premièrement, il confirma la prochaine ouverture rue du Bourgneuf d’une maison médicale avec de jeunes généralistes et dans la foulée il a annoncé que ces derniers exerceraient en secteur 1, « en tout cas au début ». C’est quoi le début : deux ans ?

    23/05/21

     

  • Pourquoi je me présente à l’élection départementale ?

    • Par
    • Le 18/05/2021

    Pourquoi je me présente à l’élection départementale ?

    Pour 3 raisons.

    Les Hauts-de-Seine sont mon département, je le connais bien et j’ai envie de l’améliorer. J’habite Antony depuis 20 ans, mon épouse y est née. J’ai aussi étudié à Sceaux, enseigné à Châtenay-Malabry et travaillé à Clamart et au Plessis-Robinson. Membre de Citoyens à Antony de 2007 à 2020, responsable du journal Agora, j’ai suivi en particulier les questions d’urbanisme, de transports, de culture, à la fois à Antony et à l’intercommunalité de l’époque (CAHB). J’ai été conseiller municipal d’Antony dans l’opposition en 2013-14 et, étant susceptible de le redevenir à la première vacance dans le groupe Antony terre citoyenne, j’entretiens mes compétences d’opposant à Jean-Yves Sénant.

    En effet, je veux faire avancer la justice sociale et le virage écologique responsable. A Antony comme dans la globalité d’un département aussi riche que les Hauts-de-Seine, nous avons l’obligation morale de protéger les plus fragiles en les aidant à se loger dignement, à instruire leurs enfants, à surmonter les accidents de la vie. Et face à l’enjeu climatique et écologique, je milite pour des changements radicaux dans nos modes de vie, accessibles à tous, mais sans dogmatisme aucun : ainsi, je ne rejette pas l’énergie nucléaire.

    Je veux servir, pas me servir. Je ne cherche pas à faire une carrière dans la politique, ni à cumuler comme certains les mandats successifs ou simultanés d’élu municipal, régional et départemental : j’ai pris l’engagement de ne pas siéger au conseil municipal si je suis élu conseiller départemental. Par-dessus tout, je souhaite être utile : j’ai œuvré dans des équipes de soins de personnes blessées ou malades pendant plus de 40 ans, je veux désormais contribuer collectivement à la santé morale de mon département et au bien-être de ses habitants.

    Voir le site de campagne sur : Antony : le 92 devrait être plus humain et plus vert (92-humain-et-vert.fr)

  • Vaccination des assesseurs : pourquoi attendre ?

    Dans 7 semaines auront lieu des élections (régionales et départementales). Le Conseil scientifique propose aux maires de faire tenir les bureaux de vote par des assesseurs complètement vaccinés contre la Covid-19. Oui et ensuite ?... En Ile-de-France, le maire de L’Haÿ-les-Roses « anime un groupe de réflexion » depuis la mi-avril, sans résultats apparents. En revanche dans le Gers, pour que la vaccination puisse être complétée d’ici la mi-juin, le Conseil départemental a commencé à vacciner le weekend dernier des citoyens pressentis pour assurer la tenue des bureaux de vote : bravo !

    Mais à Antony ? On ne sait pas… Peut-être le maire a-t-il incité, facilité ou organisé la vaccination des conseillers municipaux (qui sont appelés à présider les bureaux) ? Mais il faut aussi au minimum un vice-président et deux assesseurs pour chaque bureau. Si nous avions un maire prévoyant, il aurait déjà demandé aux présidentes des groupes municipaux d’opposition une liste d’assesseurs potentiels déjà vaccinés et une liste d’assesseurs potentiels à vacciner. Mais peut-être que Jean-Yves Sénant, en démocrate 2.0, envisage-t-il des bureaux de vote avec uniquement des assesseurs de son sérail ?

    03/05/21

    Mots-clés : Pandémie, élections, vaccination, Covid-19

  • Aménagement du quartier Jean-Zay : décryptage

    Avez-vous vu la vidéo sur le futur aménagement du quartier Jean-Zay ? C’est effectivement dispensable mais si vous avez un peu de temps à perdre il y a quelques passages savoureux.

    Bien sûr, tout n’est pas risible. Cela débute même par une intervention de Jean-Yves Sénant expliquant que le quartier Jean-Zay s’appelle ainsi parce qu’il remplace la résidence universitaire Jean-Zay… On sent le vent de l’Histoire nous traverser : avoir un maire aussi brillant, quelle chance ! Evidemment, on aurait pu imaginer qu’il rappelle que Jean Zay, ministre radical de l’Education nationale du Front populaire, a été assassiné par la Milice en 1944 parce que juif. Mais fi de ces détails, Jean-Yves Sénant n’est pas un homme du passé ! D’ailleurs, il chérit tellement l’histoire en général et celle de la résidence universitaire en particulier qu’il les couvre de voiles pudiques mais nous avons déjà eu l’occasion d’en parler ici-même

    Suit un film de 4 minutes supposé illustrer le futur quartier. Première curiosité : un seul vélo représenté, immobile d’ailleurs, cela fait vraiment peu pour un espace dédié aux mobilités douces ! Surprise ensuite : la mixité a été oubliée aussi, les personnes figurées sont essentiellement des jeunes femmes blanches, quelques hommes, pas de vieillards, peu d’enfants, pas de poussettes, pas de Noirs – enfin si, un, toujours le même, sur plusieurs plans, les quotas sont stricts. Incohérence climatique enfin : tout ce beau monde discute sous des cerisiers en fleurs, nous sommes certainement fin mars, d’ailleurs la végétation du Parc de Sceaux n’a pas encore daigné éclore sur les vues aériennes, sauf que les érables du quartier sont largement en feuilles et les habitants en T-shirts et robes légères comme en juin ! Bref, un docu-publicitaire bon marché.

    Les interventions de J-Y Sénant et du Président Berger ramènent le spectateur dans la réalité ou plutôt elles tentent de le faire. Quand la journaliste évoque les équipements publics du quartier, l’autosatisfaction du maire la foudroie : « Une crèche, une école, une médiathèque, c’est déjà pas mal ! ». Il n’insiste d’ailleurs pas trop sur la cour de cette école en terrasse et sur le calendrier qui prévoit que les logements seront livrés fin 2023 et la médiathèque en 2025… Jean-Didier Berger le rejoint dans sa projection temporelle et présente la ligne du tram T10 comme desservant la gare du Grand-Paris-Express de Clamart alors que son terminus de 2023 n’ira guère au-delà de l’hôpital Béclère…

    En ces temps de confinement, nous ne sommes pas autorisés à aller au théâtre mais nos édiles font tout leur possible pour que l’on croie être au cirque.

    20/03/21

    Mots-clés : Antony, Résidence universitaire, Jean Zay, Jean-Yves Sénant, Jean-Didier Berger

  • Souvenirs de 30 ans d'armée

    Je me souviens

    Je me souviens que lors de son pot de départ, Daniel P. a dit qu’il avait essayé au cours de son exercice professionnel d’être honnête avec ses patients, avec ses confrères cliniciens, avec le Service, mais qu’il avait l’impression que le Service n’avait pas été très honnête avec lui.

    Je me souviens que Dominique J. s’était vu communiquer comme dernière notation « officier sans parole, ne tient compte que de ses intérêts » parce qu’il quittait le Service par anticipation.

    Je me souviens du gestionnaire d’un hôpital des armées qui ne savait pas « au juste » ce que c’était que l’ONDAM (l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie) ; je me souviens aussi que son médecin-chef ne connaissait pas le montant du budget de son établissement.

    Je me souviens d’un médecin général qui avait coutume de désigner à chaque visiteur l’interlocuteur qui venait de quitter son bureau comme « ce petit trou du cul ».

    Je me souviens que, lors du choix final d’un concours hospitalier, j’ai pris un poste qui ne me plaisait pas beaucoup pour arranger mon concurrent arrivé second et qu’il ne me l’a jamais pardonné.

    Je me souviens que la première fois où j’ai posé le pied sur un bâtiment de guerre, je ne savais pas saluer à la coupée.

    Je me souviens d’un pharmacien général qui a réussi à faire toute une mission d’audit sans jamais régler le prix de ses repas.

    Je me souviens d’un match de water-polo à Ziguinchor au cours duquel le Professeur M. a marqué deux buts.

    Je me souviens d’un pharmacien-chef qui confondait le Voltarène et le Vogalène ainsi que la maladie de Behçet avec une supposée maladie de K7.

    Je me souviens du directeur du service de santé de Villacoublay qui brancardait lui-même les blessés évacués du Liban pour pouvoir passer à la télévision.

    Je me souviens du jour de la Première guerre du Golfe où j’ai établi la formulation de la solution décontaminante polyvalente pour toxiques de guerre ; je me souviens qu’elle est restée gravée dans le marbre des instructions officielles pendant 15 ans avant qu’on ne s’aperçoive qu’elle était inefficace sur l’ypérite.

    Je me souviens du discours du Professeur R. lors de son pot de départ où il expliquait qu’il ne voulait pas passer du compromis à la compromission.

    Je me souviens de : « Le Président Arafat est dans un état stable ».

    Je me souviens d’un ancien Premier ministre qui discutait avec son médecin traitant de la pluie et du beau temps dans le hall du Val-de-Grâce.

    Je me souviens qu’à Noël 1989, avec l’Elément médical militaire d’intervention rapide et le 1er Spahis, j’ai réveillonné avec du jambon et des chips mais aussi avec du champagne, en attendant de partir pour Timisoara ; je me souviens que nous ne sommes finalement jamais partis.

    Je me souviens de : « Putain, Edouard, vous savez où ils vous envoient ? » du Professeur V. lorsqu’il a reçu le message me désignant pour la première partie de la saison thermale à l’hôpital François-Maillot de Vichy alors que j’étais supposé partir à Beyrouth.

    Je me souviens de la nuit irréelle du 31 décembre 1999 où, à minuit, comme tous les chefs de services de Sainte-Anne, je vérifiais le fonctionnement de tous les matériels électriques, alors que les bâtiments de la Force d’action navale faisaient retentir leurs sirènes sur la rade.

    Je me souviens que, pendant trois semaines au préparatoire du Val-de-Grâce, nous avons synthétisé, purifié et conditionné du bleu de Prusse pour traiter un militaire libanais intoxiqué par un yaourt au thallium.

    Je me souviens de la première importation d’Ambisome depuis les Etats-Unis au cours de la Première guerre du Golfe et des difficultés de transport à cette époque.

    Je me souviens du local d’Aviation sans frontières à Orly-Sud où nous allions apporter des médicaments périmés pour l’hôpital Girard et Robic de Tananarive.

    Je me souviens qu’on m’a demandé ce que je pensais du tsunami à l’oral du concours du Contrôle général des armées.

    Je me souviens des coquetels à la résidence du Cap-Brun avec les attachés navals étrangers ; je me souviens de celui où j’avais 24 heures d’avance, m’étant trompé de date.

    Je me souviens du défilé du 14 juillet 1976 où, après quatre mois de sécheresse, la pluie a détrempé nos tenues et fait rouiller nos épées.

    Je me souviens qu’après une prise d’armes du 11-Novembre sur la place des Terreaux, nous avons défilé au milieu du chantier du métro en chantant une paillarde ; je me souviens que le médecin en chef G., commandant en second de l’Ecole, nous a engueulés ensuite mais ne nous a pas punis.

    Je me souviens qu’à l’Ecole, les sous-officiers nous faisaient la guerre pour que nous soyons en tenue réglementaire ; je me souviens que le Directeur de l’Ecole portait toujours des chaussures à boucle lors des prises d’armes, je me souviens aussi d’un capitaine de compagnie avec des chaussures marron qui est devenu plus tard une référence mondiale dans le traitement des brulés.

    Je me souviens de l’adjudant-chef L. qui comptait les rouleaux de papier hygiénique avant le départ pour le stage de haute montagne.

    Je me souviens d’une patiente infectée par le VIH qui insistait sur sa contamination transfusionnelle, ne voulant pas être confondue avec « tous ces débauchés ».

    Je me souviens que pour instaurer un traitement par thalidomide, il fallait que la patiente signe un engagement de contraception ; je me souviens des difficultés rencontrées avec une religieuse et aussi avec un transsexuel.

    Je me souviens de cette maman séropositive qui est venue spécialement à la pharmacie de l’hôpital pour dire que son bébé n’était finalement pas contaminé.

    Je me souviens des réunions du Bureau d’hygiène navale du Port de Toulon où on discutait à perte de vue de l’inutilité évidente d’une pièce « Fumeurs » au sein de la Pyrotechnie.

    Je me souviens des difficultés que j’avais à distinguer les conditions d’exercice d’un fusilier de celles d’un fusilier-commando lorsque j’ai siégé pour la première fois au Conseil de santé.

    Je me souviens des cours de pharmacologie à l’Ecole des personnels paramédicaux des armées et des élèves légionnaires allemands qui avaient du mal à prononcer les noms des médicaments.

    Je me souviens du temps que prenait Philippe P. pour noter ses adjoints, de ses hésitations et de ses scrupules ; je me souviens qu’à chaque fois que j’ai eu à mon tour à noter des collaborateurs, je me suis demandé ce qu’il aurait écrit.

    Je me souviens du carré de Sainte-Anne où Pierre de R. nous parlait de la dégustation des vins sophistiqués et Guy D. de ses préoccupations identitaires récurrentes.

    ……..

  • La guerre des poubelles à Vallée-Sud-Grand-Paris

    Il y a trois mois, je rapportais ici l’ambiance détendue qui régnait lors des conseils territoriaux de Vallée-Sud-Grand-Paris (VSGP), en m’interrogeant toutefois sur la pérennité de cette tendance. Depuis lors, on ne peut que constater la crispation des débats. Elle s’était déjà manifestée le mois dernier quand le Président Jean-Didier Berger avait coupé le micro d’un conseiller municipal clamartois qui avait eu l’outrecuidance de poser une question orale un peu différente du texte transmis auparavant (eh oui, la démocratie a ses limites à VSGP et pour poser une question orale il faut le faire par écrit !). On avait entendu aussi le maire de Châtenay-Malabry taper du pied parce que David Mauger (Antony Terre citoyenne) avait la prétention de présenter sa candidature au Conseil de surveillance de la Société d’économie mixte d’aménagement du quartier chatenaisien « Parc-Centrale » limitrophe d’Antony. Hier, l’ambiance s’est encore dégradée… En cause l’argent des poubelles.

    La question de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) a en effet commencé à se manifester le 16 décembre quand David Mauger s’était interrogé publiquement sur le taux de cette taxe (5%) qui rapporte un excédent de recettes considérable par rapport aux dépenses de fonctionnement : simplement 12 millions d’euros, soit 6 millions en tenant compte des dépenses d’investissement, une paille ! A l’époque J-D Berger avait admis cet excédent mais le justifiait par la prévision de dépenses futures et par une tolérance administrative de 15% d’excédent. David s’était alors abstenu sur cette délibération qui avait été adoptée à la quasi-unanimité.

    Par la suite, un conseiller territorial de Clamart, sans doute fin juriste et financier avisé, avait évalué l’excédent à 5,4 millions et pointé des jugements récents qui avaient condamné des intercommunalités à rembourser plusieurs années de TEOM aux habitants et entreprises au motif que les recettes de cette taxe excédaient les dépenses correspondantes. Plusieurs conseillers territoriaux, rejoints par une trentaine de conseillers municipaux (dont ceux d’Antony Terre citoyenne) avaient alors demandé le 5 février à J-D Berger le retrait de cette délibération potentiellement dangereuse pour les finances du territoire en transmettant une copie de la demande au Préfet. Ce dernier avait immédiatement demandé le retrait de la délibération, sauf à ce que VSGP fournisse des éléments complémentaires, ce qui semble avoir été fait même si ces éléments restent mystérieusement non disponibles… Finalement le Préfet a décidé le 4 mars de ne rien décider et, dans une lettre truffée de conditionnels, il laisse le Conseil de territoire se débrouiller avec un excédent qui ne serait plus que de 1,6 million (si l’on peut dire...).

    La question revient donc en séance hier. Personne n’est d’accord sur le sens de la missive du Préfet : si les conseillers lanceurs d’alerte persistent, J-D Berger considère qu’il a la preuve qu’il a raison et que les conseillers territoriaux rebelles doivent donc faire amende honorable (on sent qu’il leur demanderait bien de se présenter devant lui en chemise et corde au cou si la séance était publique mais en distanciel ça le fait moins…). J-D Berger mentionne que dans les couts d’investissement supplémentaires figure l’achat d’une parcelle de terrain en limite du bois de Verrières destinée à un démonstrateur écologique ; hélas personne ne relève que dans le rapport de présentation d’une délibération de la même séance il est écrit en toutes lettres que « la surface de la partie constructible de la parcelle M 17 que l’EPT va acquérir au département est insuffisante pour accueillir l’ensemble des équipements constituant le démonstrateur » et qu’il faudra donc préempter d’autres parcelles voisines dans plusieurs années… Comment mieux dire que cet achat est pour le moment une opération strictement foncière et donc avec un rapport très ténu avec le traitement des ordures ? Comment ne pas comprendre que l’excédent de la TEOM ne contribuera pour les prochaines années qu’à alimenter une cagnotte de précaution ? En tout cas, ce sujet a suffisamment déstabilisé le Président Berger pour qu’il oublie de faire voter le compte-rendu du précédent conseil territorial…

    19/03/21

    Mots-clés : Vallée-Sud-Grand-Paris, Jean-Didier Berger, Taxe d’enlèvement des ordures ménagères

  • Quand Jean-Yves Sénant réécrit l'histoire

    Dans Vivre à Antony de février, Jean-Yves Sénant signe une fresque historique sur la Résidence universitaire Jean-Zay. Mais certains pourraient bien lui reprocher des raccourcis audacieux dans sa progression chronologique.

    Ainsi, sur la période 1980-2009, J-Y Sénant affirme à propos de la Résidence universitaire d'Antony (RUA) : "l'Etat, quel que soit le Gouvernement, faisait la sourde oreille, il n'en voulait plus". Qu'il ait oublié qu'en 1995 François Bayrou, alors ministre de l'Education nationale, décida le maintien (qu'il voulait durable) de la RUA, passe encore mais qu'Eric Arjona, le conseiller municipal délégué à l'aménagement, ancien adhérent du MoDem, soit atteint de la même amnésie sélective, c'est absolument ahurissant !

    Mais nous ne sommes au bout de nos surprises. Rien, pas un mot, sur l'intervention machiavélique de Patrick Devedjian de 2004. Rappelons que le mentor de Jean-Yves Sénant profita à ce moment-là d'être à la fois Ministre des libertés locales et Président de la Communauté d'agglomération des Hauts-de-Bièvre pour faire adopter subrepticement un article de loi "sur mesure" autorisant le transfert gratuit des résidences universitaires aux intercommunalités intéressées. Dans ce cas, l'omission est plus compréhensible : Patrick Devedjian n'avait pas été assez habile dans sa rédaction légistique et la RUA n'étant pas propriété de l'Etat mais du CROUS échapa provisoirement à ses visées destructrices.

    On le sait, la plus grande partie de cette RUA a été détruite. Mais l'ignominie du forfait n'autorise pas à cacher les responsabilités des acteurs.

     

    05/02/2021

    Mots-clés : Antony, Jean-Yves Sénant, résidence universitaire, RUA, Jean-Zay