Antony

  • Schéma directeur régional

    Le Schéma directeur régional d'Ile-de-France est en concertation pour encore quelques jours. Pas très facile cependant d'y contribuer efficacement : il faut donner son avis dans différentes catégories et thématiques, ce qui est probablement plus simple à exploiter mais ruine toute tentative de vision d'ensemble un peu cohérente...

    J'ai donc déposé, non pas un avis, mais une demi-douzaine d'avis. Je copie ci-dessous une version consolidée globale.

    De façon surprenante, il n’y a presque rien dans ce SDRIF dit « environnemental » sur la nécessité de vivre et de travailler dans un environnement sans pollutions de l’air, de l’eau et des sols… Rien non plus sur la lutte contre la sécheresse estivale et les incendies de forêt qui touchent déjà les régions du Nord de l’Hexagone… Par ailleurs, est-il bien nécessaire de favoriser (au détriment de terres perméables) l’extension du parc Disney, symbole de l’abêtissement et du marchandisage du divertissement ? Je suis en outre favorable à la sanctuarisation de la totalité du triangle de Gonesse et pas seulement d’une partie de celui-ci.

    Sur le volet Zéro artificialisation nette, la problématique ne peut pas se résumer à un bras de fer avec l’Etat pour savoir si les opérations de ce dernier doivent impacter le calcul ou pas. Il faudra évidemment déterminer à quelle échelle le calcul devra être fait : il serait absurde de le faire au niveau régional en compensant une artificialisation totale en petite couronne par une perméabilité presque totale ailleurs ; l’échelle intercommunale serait sans doute la plus adaptée (communauté de communes, communauté d’agglomération, communauté urbaine en grande couronne, établissement public territorial en petite couronne. Il conviendrait aussi de faire préciser comment doivent être considérées les surfaces artificielles mais perméables (ex : circulations et stationnements couverts d’enrobés drainants). Je précise que, si je ne suis pas favorable à la construction de prison sur des terres actuellement agricoles, il ne faut pas rejeter pour autant de tels projets sur des positions dogmatiques : notre pays et notre région ont besoin d’établissements pénitentiaires nouveaux et modernes, il nous revient d’accueillir ces projets en responsabilité.

    Sur le volet Attractivité, attention à maintenir sur l’ensemble du territoire régional des emplois de fonctions et de niveaux diversifiés. L’Ile-de-France ne peut pas et ne doit pas devenir une zone de haute technologie, il est absolument indispensable de conserver des emplois de production et de logistique industrielles.

    Concernant la lutte contre les émissions de CO2, il importe de développer les transports à faible émission (transport de marchandises par voie fluviale, par exemple), de décourager l’utilisation de véhicules particuliers pour les mobilités urbaines, de soutenir les pratiques sylvicoles (stocker du carbone dans des arbres en forêt puis dans des constructions en bois).

    Sur le volet Economie circulaire, il conviendra de concilier un équilibre entre les zones agricoles périphériques à conserver et l’agriculture urbaine à développer.

    Concernant le logement, il est indispensable de stopper l’étalement urbain, source d’augmentation de temps de transport domicile-travail et donc d’émission de gaz à effet de serre. Il faut donc construire la ville sur la ville et, pour ne pas artificialiser davantage, il faut le faire en hauteur. L’objectif de mixité sociale dans chaque territoire doit être affiché : chacun doit pouvoir se loger décemment à proximité de son lieu de travail, des leviers permettant la création d’une offre accessible de logements devront être trouvés et mis en œuvre. Mais je ne suis pas favorable à la « norme anti-ghetto » avec un seuil maximal de 30% de PLAI par commune : quand des communes ne respectent pas (ou trainent les pieds pour appliquer) les taux minimum de logements sociaux sur leur ville, leurs voisines sont amenées logiquement à compenser cette insuffisance ; alors, soit cette norme anti-ghetto devra s’appliquer à la globalité de l’EPT, soit le seuil devra être supérieur à 30%.

    Le volet Mobilités ne doit pas se limiter au métro, au RER et au vélo. La marche à pied, salutaire d’un pont de vue sanitaire, doit être encouragée pour les déplacements de proximité et en complément des autres modes de déplacement. La question des trajets pendulaires de banlieue à banlieue ne sera pas résolue uniquement par les lignes de métros du Grand-Paris : des lignes de bus en petite couronne et d’autocars en grande couronne doivent être créées pour rendre possibles ces déplacements sans passer par Paris. Il serait inconcevable de ne pas conserver, améliorer et prolonger des liaisons ferroviaires existantes correspondant à ce besoin (Orlyval entre Antony et Orly, RER C entre Choisy et Versailles, par exemple). Les revêtements des autoroutes urbaines existantes doivent être modernisés : enrobés phoniques pour diminuer les nuisances sonores, enrobés drainants pour permettre la pénétration des sols par la pluie).

    Concernant le volet Résilience :

    La lutte contre les inondations doit être réformée : elle repose actuellement sur un mille-feuilles de compétences où la Région n’a pas sa place (collecte des eaux pluviales par les EPT, transport par les départements, GEMAPI relevant de la Métropole, lutte contre les pollutions par les agences de bassin). La Région doit prendre l’initiative de provoquer une simplification permettant une gestion rapide et efficace de la lutte contre les inondations en gardant à l’esprit que les inondations ne sont pas que le fait de la Seine…

    La question de l’énergie doit prendre en compte la question de l’enfouissement des lignes à haute tension en secteur urbanisé.

    La question de la santé devrait apparaitre plus clairement dans ce SDRIF. L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris est, après tout, le centre hospitalier universitaire et régional d’Ile-de-France, on s’attend à ce que la Région ait un projet pour soutenir notamment cet acteur incontournable, tout en préservant les centres hospitaliers de proximité en particulier en grande couronne et les établissements privés non lucratifs (notamment mais pas uniquement en ce qui concerne les soins de suite, la psychiatrie et la cancérologie).

    Bruno EDOUARD, Conseiller municipal d’Antony (92)

  • Infox : quand le maire ment (1)

    Management by clowns i cannot tell a lie

    Dans Vivre à Antony du mois de mai, la tribune du maire en page 48 renferme un gros mensonge. A propos du débat budgétaire du 6 avril, il y est écrit : « Il fallait prévoir moins d’investissements, nous ont dit les autres élus d’opposition, sans préciser s’il fallait renoncer à la reconstruction de l’école Anatole-France ou à celle du centre André-Malraux ».

    Pourtant, j’ai au contraire mentionné explicitement les dépenses qu’il me semblait possibles de supprimer ou de différer : «  La situation financière que vous avez créée avec le maintien de dépenses inutiles come la vidéosurveillance ou l’acquisition du pavillon du Dr Vasarely, ou pas urgentes, comme le parking de l’hôtel de ville, justifie à vos yeux une augmentation des ressources… ». Soit près de 6 millions d’euros.

    Merci à Bauschron pour l’illustration (licence Creative Commons Attribution - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International).

  • Handicap : agir à Antony !

    Ces dernières semaines ont été riches d’évènements sur le handicap au niveau international et national, cela m’incite donc à aborder ce sujet ici.

    Handicap

    En effet, le Comité européen des droits sociaux a conclu, sur une réclamation collective, que la France avait violé la Charte sociale européenne dans la mise en œuvre d’une véritable politique inclusive. Cette décision a été saluée par la Commission nationale consultative des droits de l’homme le 20 avril 2023 qui a réitéré « son appel à la mise en place d’une politique inclusive d’accès universel visant à l’autonomie des personnes en situation de handicap ». Quatre jours plus tard, le collectif Handicaps a annoncé boycotter la Conférence nationale du handicap, prévue le 26 avril à l’Elysée, dénonçant un manque d’ambition de la politique gouvernementale en la matière. Je tiens à souligner ici que la législation française sur les handicaps a été essentiellement l’œuvre d’un homme politique dont je ne dis pas toujours du bien, Jacques Chirac, porteur de la loi de 1987 sur l’inclusion des personnes handicapées dans les entreprises et, surtout, de la loi de 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Cette loi prévoyait notamment la mise en accessibilité des espaces publics avant 2015 mais une grande partie de la classe politique nationale et locale a alors déployé des trésors d’inertie et/ou de manœuvres dilatoires pour retarder autant que possible les échéances prévues

    Mais, ici à Antony ?

    Mairie 2009 1095

    Le 22 mars dernier se sont tenues conjointement à l’hôtel de ville la Commission communale d’accessibilité des personnes en situation de handicap (PSH) et la Commission de suivi de la charte Ville-Handicap qui regroupent des élus, des responsables de services municipaux et des représentants d’associations. Je veux renouveler mes remerciements à un homme politique dont je ne dis pas toujours du bien (décidément !), le maire Jean-Yves Sénant qui m’a autorisé à intervenir à cette commission conjointe alors que je n’en suis pas officiellement membre (le conseiller municipal de mon groupe qui en est membre était absent). Bien que les échanges aient été francs et intéressants, il y a selon moi encore quelques axes de progrès sur le handicap.

    Le premier point concerne la représentativité des associations. Il y a à Antony des personnes qui sont membres du Conseil d’administration d’associations nationales référentes sur certains syndromes handicapants et qui seraient intéressées à participer aux parcours d’accessibilité, à tenir leurs assemblées générales ou des réunions d’information à Antony, mais qui ne semblent pas pouvoir le faire car leur siège n’est pas à Antony. Par ailleurs, il est regrettable que les associations locales de parents d’élèves ne soient pas membres de cette commission conjointe Accessibilité-Charte. Inversement, les associations de commerçants qui en étaient membres jusqu’en 2022 mais qui ne siégeaient jamais (j’avais déjà souligné ce point l’an dernier) n’en sont désormais plus membres ce qui règle l’apparence de la question mais maintient le problème (le manque d’intérêt des associations de commerçants pour le handicap).

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    Le deuxième axe est celui de l’accessibilité des bâtiments communaux. Plusieurs salles ou même bâtiments entiers ne sont pas accessibles aux PSH ou aux personnes à mobilité réduite (PMR) (par exemple : salle d’atelier informatique à la maison des Ans toniques, école Paul-Bert). Il semble que ces locaux aient obtenu soit une dérogation du Préfet, soit au moins un avis favorable de la Commission départementale d’accessibilité.  Là aussi, on règle l’apparence de la question (l’obligation règlementaire tombe) mais le problème reste (les locaux demeurent inaccessibles). Par ailleurs, on ne peut que s’étonner de l’argumentation déployée pour obtenir la dérogation : pour la salle informatique des Ans toniques, destinée à des cours collectifs d’informatique pour des seniors, l’avis favorable a été obtenu parce qu’il était possible de prêter un ordinateur portable à une PSH ou PMR qui ne pourrait pas accéder à la salle de cours afin qu’elle puisse utiliser l’ordinateur au rez-de-chaussée ! On croit rêver. C’et comme si on donnait un ticket de bus à une PMR ne pouvant pas monter dans le bus ! L’objectif est que la PMR rentre dans la salle pour suivre le cours collectif, pas de jouer à Candy Crush au rez-de-chaussée pendant que les autres élèves apprennent à utiliser Excel !

    800px antony grands immeubles

    Le troisième point est l’accessibilité du parc de logements de Hauts-de-Bièvre-Habitat. Le rapport de la Commission d’accessibilité mentionne les travaux d’adaptation des logements réalisés l’année passée, c’est louable. Cependant, les questions précises que j’ai posées sur les circulations dans les parties communes n’ont pas pu recevoir de réponses sur le fond. La Commission apparait donc compétente pour les améliorations mais pas pour les difficultés : comprenne qui pourra !

    Le quatrième point est la question des registres publics d’accessibilité. Ces documents, règlementairement obligatoires, sont destinés à faciliter la préparation des visites des services publics par les PSH. A ce titre, ils devraient être disponibles sur le site Internet de la mairie et pas seulement à l’accueil de la mairie. Sur ce point, la première réponse qui m’a été donnée était que cette mise en ligne n’était pas obligatoire. Dans un second temps, juste avant le Conseil municipal, Mme Aubert, la conseillère municipale déléguée au handicap m’a écrit que c’était en bonne voie…

    1200px bellerive sur allier place de stationnement handicape

    Le cinquième et dernier point a trait aux places de stationnement pour PSH. Antony compte 12400 places de stationnement dont 219 pour les PSH, ce qui est interprété par Mme Aubert comme étant « presque » conforme au décret prévoyant 2% de places pour PSH. Cependant 219 sur 12400, cela ne fait que 1,77% et pas 2%, d’autant que les 3 quarts de ces places ne sont pas aux normes ! Par ailleurs, même si la Ville insiste sur le caractère non privatif de ces places, elles sont créées sur demande des utilisateurs antoniens et pas selon un plan rationnel de desserte. Le stationnement sur ces places est gratuit, à condition, pour les Antoniens, d’avoir fait enregistrer sa plaque d’immatriculation à la mairie (sinon Tata Zoé flashe à tout va sans s’arrêter pour vérifier la présence d’une carte européenne de mobilité sur la planche de bord). Mais pour les étrangers ? Je veux dire les Fresnois, les Wissoussiens, les Massicois et Réginaburgiens… Soit ils paient à l’horodateur le plus proche de la place qu’ils ont eu la chance de trouver, si tant est que ledit horodateur soit sur un trottoir assez large et à peu près horizontal, soit ils essaient de se connecter sur Easypark pour se référencer mais il semble qu’il soit bien plus facile d’y renseigner son numéro de carte bleue que son numéro de carte de mobilité… Serait-ce que cette différence de traitement soit liée au fait que les Wissoussiens ne votent pas à Antony ?

  • J'ai essayé pour vous... le Paladin n°14.

    Dans quelques semaines, le tram T10 nous emmènera de la Croix-de-Berny au Jardin-Parisien à Clamart. En attendant, un autre moyen de transport existe qui va en 30 minutes de la Croix-de-Berny à Clamart également, la nouvelle ligne 14 du Paladin. Au contraire du futur tram, cette ligne, gérée par Vallée-Sud-Bus, évite les grands axes et serpente dans les quartiers de Châtenay, du Plessis et de Fontenay en desservant au passage la mairie de Châtenay, le jardinier Truffaut, le parc de la Vallée-aux-Loups, le RER Robinson, longeant le centre chirurgical Marie-Lannelongue pour atteindre finalement le CEA de Fontenay à la limite de Clamart.

    Arret bus 14

    Rendez-vous donc à quelques dizaines de mètres de la gare de la Croix-de-Berny, devant le bâtiment A de la Résidence universitaire. L’arrêt est indiqué trop discrètement, il est situé un peu après celui du Paladin 4, sur l’espace de descente du bus RATP 379 en provenance de Vélizy. Notre bus est tout mignon, bien compact – une dizaine de places assises pour les passagers – mais nous avons la chance d’avoir un équipage de deux mécaniciens : un conducteur, sans doute récemment embauché, et un commandant de bord, chargé de son instruction. Le véhicule est silencieux, la conduite souple, la suspension initialement satisfaisante se révélera toutefois limite un peu plus tard dans les petites rues où les gendarmes couchés sont durs et nombreux. Nous partons à l’heure (17 h 55) avec une demi-douzaine de passagers qui descendront au fur et à mesure de notre progression ; d’autres usagers monteront à Robinson, le minibus ne sera jamais inoccupé. Quelques réglages de l’affichage semblent à parfaire, ainsi quand vous pressez le bouton pour obtenir l’arrêt suivant, l’écran affiche curieusement (séquelle d’une traduction littérale ?) : « Demande plateforme » ! Toujours est-il que malgré le noviciat du conducteur nous arrivons à l’heure prévue (18 h 26) au terminus intitulé « Division Leclerc » à la « frontière » entre Fontenay et Clamart.

    Minibus paladin 14

    Donc un trajet effectué tout le long assis, dans un délai très raisonnable. Voilà donc une alternative au bus RATP 395, en fonction de votre destination précise. Le service est annoncé de 7 h à 20 h, tous les quarts d’heure en heures de pointe en semaine, toutes les demi-heures en heures creuses ainsi que le samedi. Le pass Navigo est bien sûr accepté, en revanche le prix d’achat à bord du ticket est vraiment onéreux : 2,50 €.

  • Conseil municipal : focus sur... (3)

    Le conseil municipal d’Antony se tient en principe tous les deux mois. L’ordre du jour est fixé par le maire, il comporte plusieurs dizaines de délibérations sur des projets de décisions. Chacune est présentée par un élu de la majorité, qu’on appelle le rapporteur. Les élus des minorités posent des questions, demandent des éclaircissements, expliquent pourquoi ils sont d’accord ou pas sur la décision proposée. Puis le conseil municipal vote et on passe au point suivant. Ce processus emmène l’assemblée jusque tard dans la nuit… Les enregistrements vidéo des réunions sont accessibles sur le site de la mairie (Vidéos du Conseil municipal | Ville d'Antony (ville-antony.fr)). 

    Pour chaque réunion du Conseil, je donnerai ici un coup de projecteur sur un des sujets qui auront été traités.

    Pour ce mois d’avril 2023, le focus sera sur : la solidarité de groupe.

    La plupart du temps, chaque conseiller municipal vote comme l’ensemble de son groupe. On appelle parfois aussi cela la discipline de vote. En pratique, les membres de chaque groupe municipal étudient ensemble avant le Conseil les projets de délibérations et adoptent une position commune. Parfois, par manque de temps dans la préparation (les dossiers ne sont transmis par le maire aux conseillers municipaux des minorités que 5 jours avant la réunion du Conseil), il arrive qu’ils déterminent seulement lequel d’entre eux interviendra au Conseil et éventuellement le sens du vote. Mais tout ne se passe pas forcément aussi facilement.

    Ainsi, sur la délibération relative à l’augmentation des taxes communales, j’étais chargé de porter la parole de mon groupe. J’avais préparé l’intervention suivante, en faveur de cette augmentation :

    « Bien sûr, les taxes locales sont injustes : établies sur des bases parfois obsolètes, ne tenant pas compte de l’ensemble des revenus, sans caractère progressif… Mais la situation financière que vous avez créée avec le maintien de dépenses inutiles come la vidéosurveillance ou l’acquisition du pavillon du Dr Vasarely, ou pas urgentes, comme le parking de l’hôtel de ville, doit amener une augmentation des ressources. Et nous préférons que ces ressources viennent de l’impôt, consenti ici par la représentation communale selon le principe républicain, que par l’augmentation des tarifs des services, a fortiori quand elle accable autant et même proportionnellement plus les plus fragiles que les plus aisés. »

    Mais, au tout début du Conseil, mes collègues m’informent qu’après réflexion, ils sont favorables à une abstention. Cela me gêne un peu mais pas suffisamment pour rompre cette solidarité de groupe. Je me retrouve donc amené à remanier rapidement mon intervention pendant les autres délibérations et, le moment venu, je prononce à peu près (à vérifier sur l’enregistrement vidéo) : Confused man with speech bubbles above head png

    « Les taxes locales sont injustes : établies sur des bases parfois obsolètes, ne tenant pas compte de l’ensemble des revenus, sans caractère progressif… La situation financière que vous avez créée avec le maintien de dépenses inutiles come la vidéosurveillance ou l’acquisition du pavillon du Dr Vasarely, ou pas urgentes, comme le parking de l’hôtel de ville, justifie à vos yeux une augmentation des ressources. Nous aurions préféré que ces ressources viennent de l’impôt, consenti ici par la représentation communale selon le principe républicain, s’il n’y avait pas eu l’augmentation des tarifs des services, a fortiori quand elle accable autant et même proportionnellement plus les plus fragiles que les plus aisés. Ces taxes sont un outil pour exécuter un budget que nous n’approuvons pas, nous voterons contre » !

    Le maire voit de suite l’incohérence, mes collègues sont surpris également, David prend la parole pour confirmer le sens du vote avec une explication plus logique mais j’apparais certainement comme un amateur incompétent portant des arguments irrationnels. Du coup, déstabilisé par ce couac, je me limite pour la suite du Conseil à des interventions fades et très courtes, même sur des sujets qui me tenaient à cœur et pour lesquels j’avais préparé une prise de parole plus dense…

    Cela ne se reproduira pas.

  • Conseil municipal : focus sur... (2)

    Le conseil municipal d’Antony se tient en principe tous les deux mois. L’ordre du jour est fixé par le maire, il comporte plusieurs dizaines de délibérations sur des projets de décisions. Chacune est présentée par un élu de la majorité, qu’on appelle le rapporteur. Les élus des minorités posent des questions, demandent des éclaircissements, expliquent pourquoi ils sont d’accord ou pas sur la décision proposée. Puis le conseil municipal vote et on passe au point suivant. Ce processus emmène l’assemblée jusque tard dans la nuit… Les enregistrements vidéo des réunions sont accessibles sur le site de la mairie (Vidéos du Conseil municipal | Ville d'Antony (ville-antony.fr)). 

    Pour chaque réunion du Conseil, je donnerai ici un coup de projecteur sur un des sujets qui auront été traités.

    Pour ce mois de février 2023, le focus sera sur : le budget participatif.

    En 2019, la ville d’Antony  a créé un budget participatif qui permet aux habitants de proposer des investissements d’intérêt général. Une délibération a eu lieu sur l’édition 2023, je suis intervenu à ce sujet et j’ai exposé ce qui suit.

    « A Antony Terre Citoyenne, nous sommes attachés à l’idée du budget participatif. Plusieurs d’entre nous ont participé aux précédentes éditions et ont vu certains de leurs projets retenus par le vote populaire et d’autres, comme l’affichage de la devise de la République sur ce bâtiment, retoqués par la commission de censure – pardon – de présélection.  Nous avons vu au fil des ans quelques évolutions. Cette année, on note un changement de système de vote avec la suppression des votes contre un projet, mais, corrélativement, l’apparition d’un veto des riverains.

    French motto liberte egalite fraternite on a brickwall

    On touche ici à la limite de l’exercice, la navigation entre deux modes de participation citoyenne à la vie publique : une participation proactive, force de proposition et une participation réactive, pouvant s’opposer à des projets jugés inadaptés. Je me garderai bien de jeter l’opprobre sur l’une ou l’autre, je pratique les deux. Mais enfin, il faudra bien à un moment donné déterminer comment l’avis des riverains sera recueilli. Hier soir à la commission, j’ai appris que les riverains de la rue où j’habite étaient contre un projet d’aménagement de la voirie. Pourtant, on ne m’a jamais demandé mon avis à ce propos… Il faudra donc trouver un moyen de confronter les projets retenus à l’avis du voisinage en prenant en compte tous les avis et pas seulement les rejets spontanés : un conseil de quartier par exemple ? Il faudra aussi garder à l’esprit que la rue, pas plus que le parc Heller par exemple, n’appartient pas seulement à ses riverains mais aussi à ceux qui y passent et convoquer la notion d’intérêt général. Dans cette optique, nous pensons que le budget participatif ne devrait pas concerner les travaux de voirie ou de sécurité, ceux-ci devant rester d’initiative de la mairie.

    Pour nous, le budget participatif devrait être un démonstrateur de faisabilité d’idées nouvelles que la mairie s’approprierait ensuite en les déployant largement si cela apparaissait pertinent. Je pense par exemple à un de mes sujets favoris, les toilettes publiques : retenues lors de la première édition du budget participatif, elles n’ont été concrétisées qu’en un seul édicule au parc Heller. Heureusement qu’entre temps la RATP ait été à l’écoute de ses usagers et qu’elle ait, elle, compris le besoin !...»

  • Vœux 2023

    Sylvain Richardot disait « c’est la coutume, on cherche pas à remettre en cause, on le fait, on le fait, quoi ». Pas forcément pertinent, ni facile, de souhaiter à l’entrée d’une nouvelle année des évènements à venir agréables lorsque l’année passée a accumulé la guerre, le réchauffement climatique, la crise énergétique, alimentaire et industrielle, l’inflation, la montée des populismes et que le Covid s’est installé dans la durée. Alors souhaiter au moins un peu de bonheur concret ?

    A ceux qui me font le plaisir de suivre ce blog - un peu moins de 1000 visiteurs uniques par mois désormais, merci - je souhaite que vous soyez au moins aussi nombreux ici l’an prochain et, pour ce faire, j’essaierai de ne pas trop vous décevoir.

    Aux Antoniens, je souhaite une bonne santé collective, c’est-à-dire le lancement d’un chantier de centre de santé municipal. Vœu a priori parfaitement utopique puisque le maire persiste à penser qu’offrir des locaux neufs à de vieux médecins règlera la question de la désertification médicale. Mais je nous souhaite de trouver l’obstination de toujours remettre la question à l’ordre du jour.

    Aux autres et à tous, je souhaite, pour paraphraser André Zirnheld, de trouver le courage et la force et l’envie.

  • Plan d'urbanisme

     

    La concertation sur la modification n°6 du PLU d’Antony s'est terminée hier. Voici la contribution que j'y ai déposée.

    Travaux de construction de la gare d antonypole 18 antony

    1. Antony : l’urbanisme comme outil discriminatoire

    La modification n°6, comme d’ailleurs les précédentes, établit les logements sociaux dans les secteurs les plus exposés aux nuisances environnementales. Ainsi, pour cette modification, les logements sociaux à créer suite aux exigences légales le sont dans quelques secteurs précis, avec un taux de logements sociaux plus élevé que la spécification locale assez modérée (40% au lieu de 30% sur le reste de la commune) : les zones nouvelles UGe, UCa1 et UFd1. Or, comme par hasard, la zone UGe longe l’autoroute A86, son bruit et sa pollution aérienne, et la zone UFd1 est toute proche de l’autoroute A10 et de ses nuisances, mais aussi sous une ligne à haute tension, sur des terrains utilisés encore récemment par des entreprises classées Seveso et à à peine 2 kilomètres en ligne droite des pistes de l’aéroport d’Orly. Ce confinement des logements sociaux est non seulement contraire à l’objectif implicite de mixité sociale du PADD mais il est aussi moralement injustifiable de par l’accumulation des nuisances sur les secteurs concernés.

    1. AntonyPole : une ambition sans réflexion

    L’évaluation environnementale de la modification n°6 du PLU d’Antony est l’occasion de mettre en évidence une réflexion insuffisante, peut-être même inexistante, sur les objectifs affichés. Cela entraine des oublis dont certains sont certainement encore corrigibles.

      1. Circulations douces et fluides

    Le projet urbanistique qui se devine n’oublie certes pas de cocher les éléments de langage politiquement corrects (circulations douces, mobilité active, trame verte, forêt urbaine, cœur d’ilot…) mais la mise en œuvre annoncée est plus que surprenante par son caractère irréaliste. Ainsi, la continuité territoriale « douce » entre Massy et Wissous est supposée devoir être réglée par une passerelle d’environ 1 km de long, établie à 6 mètres au-dessus d’un faisceau autoroutier comportant à son extrémité Nord pas moins de 14 voies de circulation automobile ! Le casque antibruit et le masque anti-poussière seront-ils fournis pour cet équipement d’utilité douteuse ? Sur le reste du secteur, la circulation devrait être plus paisible, du mail arboré à la forêt urbaine en passant par des cœurs d’ilots pourvus de points d’eau ; tout au plus regrettera-t-on le sort final de ces espaces verts en l’absence de toute prévision de toilettes publiques, ce qui serait facilement corrigible.

      1. Dans la brume électrique

    Le secteur d’AntonyPole est traversé par une ligne électrique aérienne à haute tension. Certes, la ville d’Antony a prévu de faire enfouir sur son territoire ces câbles par RTE. Mais cette prévision se résume actuellement à un pari: essayer de contenir l’augmentation incessante de la future facture (passée de 22 M€ à 41 M€ entre décembre 2020 et mars 2022) et tenter d’attirer dans le tour de table des co-financeurs aisés. Mais si l’enfouissement n’est finalement pas à la portée de la ville d’Antony, les servitudes de cette ligne ruineront la perspective d’un quartier arboré avec des essences de haute tige…

      1. Le bruit ne fait pas de bien

    Les environs du secteur d’AntonyPole (secteur pavillonnaire des Nations-Unies, résidence HLM des Morins, par exemple) sont actuellement bruyants : la circulation autoroutière sur le faisceau A6-A10 ne s’interrompt jamais, les décollages d’avions des pistes d’Orly ne cessent qu’en nuit profonde et les lignes électriques à haute tension bourdonnent sans arrêt. Pourtant ces habitations sont « protégées » des sources de bruit par des bâtiments industriels. Pour l’avenir qu’est-il prévu ? On va établir d’autres logements plus près des autoroutes et de l’aéroport et on les « protègera » des mêmes bruits persistants par des bureaux : comment mieux dire que l’on pérennise une situation insatisfaisante, pénible et sans doute nocive ? L’établissement de spécification d’isolation phonique des constructions sur ce secteur apparait nécessaire.

      1. Arago et Seveso, même topo ?

    AntonyPole n’a pas accueilli que des entrepôts de disques par le passé : des usines classées Seveso II (entreprise Galion, par exemple) y ont fonctionné pendant des années, des gravats d’origine indéterminée ont été abandonnés à l’air libre, notamment sur le secteur Arago-Frères Lumière. Il est dès lors bien hasardeux de prévoir des travaux de terrassements de sols possiblement pollués par des substances chimiques persistantes sans l’obligation de réalisation d’évaluations préalables.

      1. Retiens la pluie…

    La gestion des eaux pluviales ne peut évidemment pas se résumer à des formules incantatoires (rétention à la parcelle, zéro rejet…). De fait, le réchauffement climatique bouleverse les paradigmes. La notion de pluie décennale n’a pas le même sens en 2023 qu’en 2006. En 2018, Antony a été lourdement impacté par des inondations dues à une pluie très supérieure à la pluie décennale. Pour lutter contre les effets des inondations, il faut travailler sur les trois aspects : prévention, protection, récupération. S’agissant de la prévention, AntonyPole est un des rares secteurs antoniens où la glaise ne domine pas, la désimperméabilisation y est plus aisée qu’ailleurs, il serait logique que, sur ce secteur au moins, l’emploi d’enrobés drainants soit rendu obligatoire pour les circulations et les stationnements. Concernant la protection, il parait presque ahurissant qu’aucune spécification n’apparaisse quant aux déversoirs d’orages et aux bassins de rétention.

    1. La cohérence aux abonnés absents

    La modification n°6 du PLU d’Antony a pour objectifs affichés de corriger des erreurs matérielles. Il est dommage qu’elle oublie des incohérences anciennes et même qu’elle en introduise de nouvelles.

      1. La conciliation impossible des servitudes et des objectifs ?

    Le PLU d’Antony oblige la plantation d’arbres, notamment dans les jardins de la zone UD, et c’est parfaitement vertueux, logique et cohérent avec le PADD. Mais les servitudes ferroviaires interdisent la plantation d’arbres à moins de 6 mètres du pied de talus et même de haies vives à moins de 2 mètres (partie 5.2.4 du dossier, pages 37 et suivantes). Impossible à concilier ? Pourtant, la loi du 15 juillet 1845 modifiée prévoit que le Préfet puisse établir une dérogation avec une limite réduite à 2 mètres pour les arbres et à 0,5 mètre pour les haies ? N’est-il pas urgent de solliciter le Préfet en ce sens ?

      1. La possibilité d’une gare

    Dans les règlements de différentes zones, figurent des obligations concernant le nombre de places de stationnement par logement. La création de la nouvelle zone UGe avec une spécification de 1 place par logement est justifiée par le fait que cette zone est à proximité d’une gare de RER (Croix-de-Berny) et d’une future station de tram, ce qui apparait logique. Mais les zones UCd et UGd, dans le même secteur, avec les mêmes proximités de la même gare de RER et de futures stations de tram, sont soumises à une spécification de 2 places par logement. La zone UI, établie aussi à proximité d’une gare de RER (Fontaine-Michalon), relève d’une spécification différente : 1 place de stationnement couvert + 1 place de stationnement découvert. Une harmonisation fonctionnelle (à situation identique, spécification identique) ne serait-elle pas salutaire ?

  • Conseil municipal : focus sur... (1)

    Le conseil municipal d’Antony se tient en principe tous les deux mois. L’ordre du jour est fixé par le maire, il comporte plusieurs dizaines de délibérations sur des projets de décisions. Chacune est présentée par un élu de la majorité, qu’on appelle le rapporteur. Les élus des minorités posent des questions, demandent des éclaircissements, expliquent pourquoi ils sont d’accord ou pas sur la décision proposée. Puis le conseil municipal vote et on passe au point suivant. Ce processus emmène l’assemblée jusque tard dans la nuit… Les enregistrements vidéo des réunions sont accessibles sur le site de la mairie (Vidéos du Conseil municipal | Ville d'Antony (ville-antony.fr)). 

    Pour chaque réunion du Conseil, je donnerai ici un coup de projecteur sur un des sujets qui auront été traités.

    Pour ce mois de décembre 2022, le focus sera sur : les crématoriums en Ile-de-France.

    Le Conseil municipal avait en effet à prendre connaissance du rapport d’activité 2021 du Syndicat intercommunal funéraire de la région parisienne (Sifurep). Je suis intervenu à ce sujet et j’ai exposé ce qui suit.

    « En France en 2020, 40% des décès sont suivis d'une crémation. Pour répondre à cette demande de plus en plus marquée, nous avons sur le territoire du Sifurep cinq crématoriums (Arcueil, Nanterre, Clamart, Champigny/Marne, Montfermeil), ils ont réalisé à eux cinq 8902 crémations en 2021 soit 1780 par site en moyenne (de 1470 à Montfermeil jusqu'à 2229 à Clamart) ; cela fait quand même 6 crémations par jour ouvrable, ce qui ne permet pas toujours de réaliser des cérémonies parfaitement dignes. Ces données sont à comparer aux statistiques nationales (1346 crémations par site) : même le moins actif de nos 5 crématoriums dépasse largement la moyenne nationale. Si on regarde non plus l'activité mais le potentiel, les chiffres sont encore plus parlants : il y a en France environ 200 crématoriums, soit 1 pour 330.000 habitants mais sur le territoire du Sifurep seulement 5 crématoriums pour 4,7 millions d'habitants soit 934.000 habitants par crématorium, 3 fois moins que la moyenne nationale. 

    Il est donc nécessaire de développer l'offre en crématoriums en petite couronne (la demande est là, les prix sont inférieurs à l'inhumation). Il faut le faire harmonieusement (il y a des besoins sur les trois départements de la petite couronne) mais les Hauts-de-Seine comportent les deux crématoriums les plus actifs du Sifurep. Certains d’entre nous ont été confrontés aux cérémonies de crémations à Clamart ou à Arcueil ou aux Ulis. Mais un crématorium sur le secteur (Antony, Fresnes, Chatenay...) semble évidemment nécessaire.  Je pense que nos déléguées au Sifurep (Christiane ENAME et Isabelle ROLLAND) pourraient saisir sa commission des équipements funéraires ».

    Le Maire a répondu qu’en tout cas, il n’y aurait pas de crématorium à Antony, la place manquant.

  • Commission : impossible !

    Récemment désigné à nouveau conseiller municipal, j’ai participé hier, 8 ans après la fin de mon précédent mandat, à une des commissions municipales chargée de préparer le Conseil, celle de la culture, du sport, de l’animation et de la vie associative.

    CommissionJe n’écrirai rien du fond des dossiers abordés, ce type de structure étant, par nature, situé en amont des décisions définitives qui seront prises en Conseil municipal. Mais je peux révéler quelques aspects formels du fonctionnement de cette instance.

    Un mot sur la composition : quatre élus de la majorité, dont trois en charge d’un des secteurs relatifs à la commission (maire-adjoint ou conseiller municipal délégué) , assistés de quatre fonctionnaires des services communaux concernés et quatre conseillers municipaux d’opposition issus de deux des trois groupes minoritaires.

    Durant une heure et demie, chacun des quatre secteurs concernés expose l’actualité de son domaine et présente les délibérations qui seront mises à l’ordre du jour du Conseil municipal. La méthode est très différente selon le secteur concerné. Sur le sport, chaque membre de la commission a reçu deux jours avant la réunion un courriel avec un dossier comportant notamment les projets de délibérations, il a donc pu étudier ces documents avant de siéger. En revanche, sur les trois autres secteurs, la qualité de l’information de la commission est bien moins élevée. Sur la vie associative, les membres de la commission n’ont droit qu’à la projection d’une présentation informatique, qui, hélas, n’est pas dépourvue d’erreurs de calcul ! Le secteur de l’animation et celui de la culture distribuent chacun en séance un document : une simple liste d’évènements pour les animations, les tarifs envisagés étant présentés oralement ; un document plus complet pour la culture.  Dans les quatre cas, les élus d’opposition posent des questions, font des remarques et des propositions, auxquelles les élus et fonctionnaires concernés répondent : selon le cas de façon précise et complète mais aussi parfois par des échappatoires du style « on y réfléchit ».

    Curieusement, c’était déjà exactement la même chose en 2013…

  • Inondations à Antony

    En juin 2018, la commune a connu des précipitations très violentes qui ont entrainé une inondation de plusieurs quartiers de la ville, notamment tous les secteurs en dessous de la rue des Rabats et le long du trajet souterrain de la Bièvre. Cette inondation n’était pas inattendue puisque, auparavant, en 1982, en 2001, en 2008, en 2010, d’autres inondations ont entrainé des dégâts. Depuis, de vieux projets ont été évoqués à nouveau, de nouvelles réalisations ont été étudiées. En 2022 enfin une amorce de réalisation concrète se dessine.

    Le 17 novembre dernier, la Direction de l’eau du département des Hauts-de-Seine a convié à Vasarely des habitants du quartier du conservatoire, en présence du Maire, pour les informer des travaux de construction d’un bassin de rétention des eaux pluviales à l’angle de la rue de l’Avenir et de la rue du Chemin de fer. J’étais présent à cette réunion, j’y ai posé des questions, je rapporte ici les éléments obtenus.

    Le bassin sera enterré, il fera 22 m de haut sur 13 m de diamètre*, son volume utile sera de 4900 m3 utiles. Sa construction est justifiée parce que le réseau de collecte des eaux pluviales le long de la RD920 est insuffisamment dimensionné. Le bassin est destiné à récupérer partiellement des pluies d'un flux correspondant à la pluie décénale (susceptible de revenir une fois tous les dix ans). Il sera branché en Y sur le réseau existant avec une chambre de répartition en amont, les eaux en excédent du réseau entreront dans ce bassin, y seront stockées provisoirement et pourront ensuite (après la fin de la pluie) être pompées progressivement dans le réseau. La construction de ce bassin durera 18 mois à partir de janvier 2023.

    La direction de l’eau a exposé les mesures de précaution qui devraient être prises : les horaires du chantier seront fixés par un arrêté municipal, le niveau sonore sera limité a priori par des choix technologiques adaptés et contrôlé a posteriori, l'éclairage du chantier ne sera activé que pendant les travaux, les roues des camions seront nettoyées en sortie de chantier, si nécessaire une brumisation anti-poussière sera mise en œuvre, la collecte des ordures ménagères sera maintenue, l'entreprise déplacera les poubelles de la porte des riverains des rues barrées au point de collecte, des cheminements dédiés aux piétons seront créés, une signalisation "Cyclistes, pied à terre" sera mise en place sur les bandes cyclables neutralisées.

    Des circulations de camions sont à prévoir : évacuation des déblais et approvisionnement en béton, surtout entre juillet et novembre 2023, avec 10 rotations par jour 3 j/semaine et 25 rotations par jour 2 j/semaine. Les camions en attente stationneront avenue Sommer, rejoindront la RD920 par l'avenue Léon-Jouhaux, puis sortiront du chantier par la RD920 puis les rues Guillebaud et Marcelin-Berthelot.

    Le calendrier du chantier est prévu ainsi (voir flyer) : Flyer bassin avenirflyer-bassin-avenir.pdf (4.08 Mo)
    - en janvier 2023 : construction du cantonnement rue du Chemin-de-fer au droit de la rue Thierry, travaux préparatoires sur le triangle RD920-Avenir-Chemin de fer ;
    - de février 2023  à février 2024 : neutralisation des 2 voies à l'ouest de la RD920 (double sens maintenu) ;
    - de mars à juillet 2024 : neutralisation des 2 voies à l'est de la RD 920.

    Le cout de l’opération est d’un peu plus de 10 millions d’euros, en totalité à la charge du département des Hauts-de-Seine qui détient la compétence de transport des eaux pluviales (c’est le territoire Vallée-Sud-Grand-Paris qui a la compétence de collecter les eaux pluviales, le syndicat interdépartemental de l’assainissement de l’agglomération parisienne qui a celle d’assainir ces eaux avant de les rejeter dans le milieu naturel et c’est la Métropole du Grand-Paris qui a la compétence pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations).

    Quelques commentaires personnels :

    • Avec le changement climatique, la notion de pluie décénale est à réinterpréter, des pluies très importantes sont susceptibles de se produire désormais bien plus souvent que les données historiques le laissent entrevoir (pour rappel, avec 70 mm en quelques heures, la pluie de juin 2018 était bien plus intense que la pluie décénale) ;
    • Ce bassin de rétention, initialement promis pour 2009, ne protègera que la partie du vallon des Rabats située à l’ouest du bois de l’Aurore, le Maire estime que les habitations en-dessous du Bois seront protégées par le nouvel aménagement de cet espace (noues), mais les quartiers à l’est (rue Massenet, boulevard Colbert…) resteront soumis au même risque qu’actuellement ;
    • La construction d’un autre bassin de rétention, dit du Moulin de Berny, à Fresnes, envisagé dès 2007 et réclamé par les maires de Fresnes et d’Antony en 2018, reste indispensable : sa construction nécessite 50 millions d’euros à réunir entre les différents acteurs intéressés mais actuellement seulement un peu plus de la moitié est assuré grâce au département du Val-de-Marne,  au syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne, à l’Agence de bassin Seine-Normandie et à la ville de Fresnes** ;
    • Le département des Hauts-de-Seine a un autre projet qui consisterait à utiliser un collecteur profond et sans emploi comme bassin de rétention avec une capacité de près de 8000 m3 ;
    • Le Maire d’Antony assure que l’aménagement du parc Heller, avec la remise à l'air libre de la Bièvre, équivaudra à une capacité de rétention de 15000 m3, payé par la Métropole du Grand-Paris…
    • Sachant qu’Antony représente à elle-seule près de 60% de toutes les interventions, notamment en urgence, de désobstruction des réseaux de collecte du territoire Vallée-Sud-Grand-Paris, comment comprendre que cette intercommunalité ne soit pas plus active pour résoudre ces problèmes ?

    Commencerions-nous à voir le bout du…  collecteur ?

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    ** Actualisation du 1er février 2023 :

    Hier 31 janvier 2023, j'ai appris par la Directrice départementale de l'eau que le financement du bassin de rétention du Moulin-de-Berny à Fresnes, évoqué plus haut, était désormais finalisé, la Métropole du Grand-Paris ayant donné son accord il y a deux semaines. Enfin !

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    * Actualisation du 10 mai 2023 :

    Merci à AR, lecteur de ce blog qui remarque à juste titre que ces dimensions (présentées oralement) sont incompatibles avec le volume du bassin (4900 m3, données figurant dans les documents officiels du CD92). C'est exact. Il est possible que j'aie transcrit, s'agissant du diamètre, "13 m" alors que "16 m" aurait été prononcé lors de la réunion publique et qu'une approximation ou un arrondi ait entaché la hauteur : ainsi, un bassin de 16 m de diamètre et de 24 m de haut aurait un volume de 4820 m3. J'aurais dû m'en rendre compte.

  • Antony au mois d'aout

    Le site internet de la mairie l’annonce fièrement : Antony passe à l’heure d’été ! Autrement dit : tous les services et équipements municipaux sont fermés. Tous ? Non, car quelques îlots résistent encore et toujours à l’envahisseur estival : la piscine Pajeaud (mais sans la fameuse fosse de plongée que la France entière nous envie…), les stades, les parcs et une médiathèque sur deux. Et puis aussi le cimetière, canicule oblige.

    C’est bête, mon abonnement de stationnement résidentiel se termine le 23 aout, pas sûr que je puisse le renouveler à temps. Mais l’espoir renait soudain, je viens de recevoir un mail d’Easypark me rappelant justement cette formalité à accomplir. Je me précipite sur mon clavier, je n’ai pas perdu mon mot de passe, le site Easypark me reconnait, m’affiche mes « droits » (ça fait un peu arrestation par le FBI, non ?) et même me propose de les renouveler moyennant le téléchargement de la carte grise et d’un justificatif de domicile. Je m’exécute et hop ! Le message d’erreur me saute au visage : « Une erreur s’est produite, veuillez réessayer ». Je réessaie aussitôt, sans succès, je réessaie le lendemain, pareil, je réessaie le jour suivant, pas mieux. J’envoie un mail au service du stationnement qui me répond sur le champ : il rouvrira le 4 septembre.

    Je décide alors de passer de l’immatériel à l’humain et téléphone au parking du marché : enfin quelqu’un de réel va s’occuper de mon cas. Eh bien, oui mais pas vraiment : il visualise bien mon dossier mais c’est tout ; d’ailleurs, d’après ce qu’il me dit, je ne suis pas le premier à l’avoir appelé pour des questions de stationnement abandonnées par l’informatique cet été. Nous convenons que je vais persister à essayer et que, au cas probable où ça ne s’arrange pas, je passerai le voir dans son sous-sol du parking le 23 aout.

    En désespoir de cause, je me dis que l’élu en charge du stationnement est peut-être comme moi derrière son clavier. Je trouver son adresse mail sur le site de la mairie et lui explique mon désarroi. Mais le conseiller municipal délégué au stationnement n’est visiblement pas présent cette semaine.

    Un brin d’optimisme : le message d’erreur d’Easypark mentionne : « Nous travaillons pour résoudre votre problème », me voilà rasséréné !

    Erreur

  • Libérer les trottoirs !

    Historiquement, sous Patrick Devedjian, la voiture était reine à Antony, les piétons, les personnes à mobilité réduite (PMR) et les vélos étaient ignorés. Depuis quelques années, bien que la municipalité actuelle se réclame toujours de la succession de Patrick Devedjian, pas mal de choses ont changé, au moins pour les PMR et les vélos en ce qui concerne les infrastructures. Actuellement, la quasi-totalité d'Antony est classée en zone 30 (sauf voirie départementale), il y a des pistes ou bandes cyclables, beaucoup de rues de zone 30 sont autorisées en contresens cyclable, quelques voies de zone résidentielle sont en zone 20 de rencontre. Il y a actuellement deux projets d'apaisement de la circulation en centre-ville : la rue Auguste-Mounié et la rue de l'Eglise ; dans les deux cas, il y a eu une consultation un peu sommaire de la population sur ses attentes.

    Cependant, la circulation des piétons n'est pas facile à Antony. Trottoir pavillons

    Antony conserve encore sur ses trottoirs les stigmates de sa préférence automobile passée : les trottoirs sont souvent étroits et souvent encombrés de poteaux pour panneaux de signalisation routière, parfois redondants, parfois inutiles. C'est d'autant plus absurde qu'il y a dix ans la Mairie a enfoui toutes les lignes électriques et téléphoniques mais sans repenser à cette occasion les implantations de panneaux de signalisation routière sur les poteaux d'éclairage...

    Poubelles sur trottoir v

    L'encombrement des trottoirs est également "assuré" par les poubelles. Pour la collecte sélective des ordures, Vallée-Sud-Grand-Paris a choisi un calendrier complexe : résultat, pour nombre de foyers où chacun travaille/étudie en dehors d'Antony, les poubelles sont sorties la veille au soir ou tôt le matin et rentrées le soir et les trottoirs sont donc encombrés toute la journée 4 jours sur 7... D'autant que les consignes officielles sont de sortir les poubelles sur le trottoir, même si certains Antoniens commencent à sortir leurs poubelles sur la chaussée au niveau du "bateau" de leur pavillon, emplacement qui ne gêne personne, mais la mairie veut ignorer cette initiative.

    Il y a quelques années, la RD 920 a été refaite. Le Président du Conseil général était alors Patrick Devedjian, il a refusé toute idée de bande cyclable sur chaussée ou de couloir de bus ou de diminution des stationnements automobiles en centre-ville. Cette rénovation a alors abouti à des pistes cyclables sur les trottoirs. Ces pistes ne sont matérialisées que par la couleur du revêtement. Compte tenu de la largeur des trottoirs, du stationnement fréquent de voitures sur les trottoirs, la cohabitation autorisée des vélos et des piétons sur les trottoirs devient dangereuse.

    Stationnement mounie

    En dehors de la RD 920, les vélos et les scooters (notamment - mais pas seulement - les livreurs de MacDo et consorts) supportent de moins en moins de devoir partager la chaussée avec les automobiles. Beaucoup d'entre eux circulent désormais sur les trottoirs sans que la Police municipale puisse intervenir en pratique. Des incidents sérieux se sont déjà produits. Une campagne de sensibilisation a été effectuée il y a quelques années mais, basée essentiellement sur la perspective d'une amende, elle a été rejetée par la communauté des cyclistes.

    Le territoire d'Antony est traversé par quatre axes structurants parfois difficiles à traverser par les piétons : deux axes routiers : la RD 920 du Nord au Sud et l'A 86 d'Ouest en Est ; deux axes ferroviaires : le RER B du Nord au Sud, le RER C du Sud à l'Est. Malgré sa "requalification en boulevard urbain", la RD 920 reste une voie très roulante (limitée théoriquement à 50 km/h, en pratique utilisée souvent à 70 km/h), des accidents mortels voiture contre piéton ont eu lieu, notamment à La Fontaine. L’A86 pose également problème dans la mesure où les véhicules qui la quittent à la sortie Croix-de-Berny ne réduisent pas leur vitesse autoroutière immédiatement, des accidents corporels concernant des enfants ont eu lieu à la Croix-de-Berny près de l'école Pasquier. Le RER B pose assez peu de problèmes dans la mesure où il circule souvent sur talus à Antony et où les piétons peuvent emprunter d'anciens passages de cours d'eau aménagés. A noter cependant qu'au niveau de la station des Baconnets, les trottoirs sur les ponts des RER (B et C) sont particulièrement étroits et inadaptés aux PMR. Le RER C pose aussi un problème de sécurité au niveau de la gare de Chemin d'Antony où le passage sous voie est inaccessible aux PMR et où les collégiens et lycéens en retard traversent parfois directement sur la voie ferrée (empruntée aussi par des TGV) au lieu de passer en dessous... Certes, pour ces questions, la mairie ne peut pas faire grand chose seule, la compétence étant selon le cas celle du CD 92, de la RATP, de SNCF-Réseau,...

    Passage de la bievre

    Dans les quartiers pavillonnaires, se pose enfin la question des haies de clôture. Quelques propriétaires laissent leurs haies prospérer sur le trottoir jusqu'à y rendre impossible le déplacement des piétons. Cette attitude est interdite par un arrêté du Maire mais rien n'est entrepris pour le faire respecter en pratique.

    Chaque année (pour 2022, c’est le 30 juin), le Conseil municipal examine, en général à une heure du matin et en une minute, le rapport de la sous-commission d’accessibilité des PMR. Jusqu’à présent, elle s’est focalisée sur les traversées de chaussée et l’accès des services publics, les trottoirs sont souvent oubliés. J’espère me tromper : à vérifier demain soir en ligne…

     

     

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    Mise à jour du 18/07/2022

    Un petit addendum pour exposer ce qu’il a été dit au Conseil municipal du 30 juin.

    Tout d’abord, je bas ma coulpe : j’avais pronostiqué que le rapport de la sous-commission  d’accessibilité serait expédié en une minute à une heure du matin, je me suis trompé. Le dit rapport a été examiné vers minuit et demi et le Conseil lui a consacré plus de 6 minutes ! Tout est visible à Vidéos du Conseil municipal | Ville d'Antony (ville-antony.fr) (à partir de 04 :33 :10).

    Sur le fond, cependant, peu de raisons de se réjouir. La conseillère municipale déléguée, Mme Aubert, a présenté son rapport en 25 secondes chrono et, sans l’intervention de David Mauger (Antony Terre Citoyenne), relayé ensuite par Sylviane Aschehoug (Antony Terre Citoyenne aussi) et Nadia Desbois (Antony en mouvement), on en serait resté là. David a commenté différents points (l’absence chronique des associations de commerçants à la sous-commission, l’encombrement des rails de guidage pour malvoyants par des véhicules en stationnement interdit, l’inaccessibilité des certains locaux des Ans toniques aux personnes à mobilité réduite) et a exposé la question des trottoirs, reprenant nombre de remarques que j’ai exprimées ci-dessus, notamment sur leur encombrement par les poteaux, les poubelles, les vélos… Mme Aubert a admis que le problème des rais de guidage était réel. Pour le reste, elle ne savait pas, elle n’était pas au courant, personne ne lui en avait parlé, il fallait que les associations et « les gens » aillent la voir, elle n’inventait pas ce que « les gens » ne lui disaient pas et qu’elle ne mangeait personne !... Relancée par David et Sylviane, elle s’est enferrée sur sa position, laissant entendre que la parole des conseillers municipaux d’opposition ne valait pas celles des « gens ». Ces réponses amènent inévitablement à se poser la question : Mme Aubert (anne.aubert@ville-antony.fr) se moque-t-elle du monde ou bien ne sort-elle jamais de chez elle ?

  • D'une guerre l'autre

    J'étais avant-hier à la cérémonie de commémoration de l'arrêt des combats en Algérie en 1962.

    Cette guerre avait trois caractéristiques :

    * c'était un affrontement entre deux peuples voisins qui avaient eu une histoire commune pendant plusieurs générations ;

    * c'était un conflit entre un état "fort", équipé, entrainé et dominateur et un peuple qui refusait le système colonial que le "fort" voulait lui imposer ;

    * techniquement, c'était une guerre entre une supériorité aéroterrestre évidente et une guérilla appuyée sur la connaissance du terrain et le soutien des populations.

    En 2022, l'histoire hoquète et la guerre en Ukraine présente ces mêmes caractéristiques. 

  • Élection départementale à Antony : quels enseignements ?

    Trois mois après l’élection, l’action et l’émotion sont à distance, il est possible de sortir des apparences évidentes pour tenter une analyse politique, cependant forcément subjective, de ce scrutin.

    Le premier point est que, globalement, il y a peu de changements par rapport à la précédente élection départementale (2015), les grands équilibres se retrouvent. Certes Jean-Yves Sénant a été contraint à un second tour. Mais la droite classique reste autour de 50% (51% en 2015, 50% en 2021 en additionnant Sénant et Lajeunie), le Front national perd 3 points à 8%, la gauche antilibérale (Citoyens à Antony, PCF, LFI) en perd 2 à 11%. L’analyse est plus délicate pour la social-démocratie et le centre-gauche dans la mesure où le Parti socialiste était absent de l’élection de 2021 et LaREM n’existait pas en 2015) mais cette sensibilité perd plus de 6 points à 13%. En revanche, les Verts gagnent 11 points à 17%, dépassant même le score obtenu à l’élection régionale du même jour (14%). Cette performance est-elle due à une meilleure mobilisation dans un contexte d’abstention marquée ou à la diffusion des idées écologistes chez des électeurs auparavant plus politisés, l’avenir le dira.

    Si on regarde les résultats par bureaux, on concrétise une fracture politique nette entre quartiers. Dans 19 bureaux sur 44, la gauche est en effet devant LaREM et dans 5 bureaux devant EELV. A l’inverse, on relève des bastions de la droite dure : dans 17 bureaux la gauche est devancée par Lajeunie et même dans 8 bureaux (inclus dans les 17) par le RN.

    Concernant le second tour, contrairement à ce qu’on a pu entendre, le report des voix de gauche sur les Verts est effectif (un seul bureau affiche un mauvais report) mais insuffisamment pour inquiéter Jean-Yves Sénant. Notons que les 8 bureaux où les votes blancs sont très significatifs (plus de 8%) sont, dans 6 cas sur 8, des bureaux où la droite était majoritaire au 1er tour.

    En conclusion Antony reste une ville-canton de droite, l’écologie a été portée par l’élection régionale (ce qui valide a posteriori sa stratégie électorale), LaREM ne réussit pas à retrouver tous les ex-électeurs de la social-démocratie, la gauche antilibérale résiste.

    Ce texte a été publié dans le numéro 71 d’Agora (septembre 2021).

  • La rentrée se prépare à Antony

    Plus qu’une semaine et ce sera la rentrée, déjà le Sélect a rouvert. Quoi de neuf à Antony ?

    La place du marché se termine, la dalle de granite est complète, les piétons doivent désormais prendre garde aux livreurs de burgers en scooter qui la traversent à toute vitesse, on annonce un opticien Afflelou en face de l’opticien Kris, les appartements au-dessus des restaurants commencent à se revendre (la faute au bruit matinal du marché trihebdomadaire ou à celui vespéral quotidien des terrasses ?), on découvre un fléchage vers un « centre des impôts » à 5 minutes de la rue Mounié alors qu’il est à Sceaux ! 

    Opticiens 20210822Centre des impots 20210822

    La police municipale a enfin de nouvelles recrues et de nouveaux matériels. Un jeune agent patrouille désormais le marché armé d’un Taser pour vérifier que les clients portent bien le masque. Un nouveau véhicule a été acquis aussi. Peut-être que maintenant notre police va pouvoir s’occuper de l’enlèvement des voitures abandonnées ? 

    Police municipale 20210822Voitue ventouse 20210822

    Les travaux du bois de l’Aurore avancent. Depuis la fermeture intervenue en juin 2018, le chantier s’est éternisé, bloquant même l’accès de plusieurs riverains à leur domicile, mais on voit enfin le bout du tunnel. Ou plutôt le bout du tremplin de ski : en effet le cheminement central semble fait du revêtement imperméable préféré de notre maire. Gageons qu’au premier gros orage, la pluie va dévaler sur la rue de la Mutualité…

    Bois de l aurore 20210822

     Le respect de la biodiversité s’affiche jusque dans les « passages » qui ne méritent plus ce nom. Celui de la Bièvre, envahi d’un côté par les orties de la RATP et de l’autre par les troènes de la propriété voisine, ne permet plus qu’un cheminement hasardeux. Il est temps de le nommer « Sentier de la Bièvre au Bois dormant » ! 

    Passage de la bievre

    22/08/21

    Mots-clés : Antony, Place du marché, police, Bois de l’Aurore, inondations.

  • Orpaillage au Mont-Blanc : quelques pépites

    Orpaillage au Mont-Blanc : quelques pépites

    Depuis l’ouverture du centre de vaccination à Vasarely (le 15 mars) le Conseil municipal se réunit dans la salle du Mont-Blanc. La semaine dernière, innovation incroyable, le Conseil s’est réuni un mercredi ! Il faut dire que cette séance n’était pas vraiment prévue à l’origine, elle a dû être montée rapidement pour approuver dans les temps requis une délibération sur le temps de travail des personnels communaux.

    Est-ce la brièveté de ce Conseil (moins de 3 heures) qui a permis de détecter dans le sable de la rivière des interventions quelques surprenantes pépites ?

    Comme un coup de tonnerre dans un ciel serin, la première révélation vint de Pierre Médan. Tant qu’il était seulement adjoint aux finances, il se montrait cassant, sûr de lui et dominateur. Mais maintenant qu’il est candidat (remplaçant) au conseil départemental, le voilà plus calme, hésitant même. Interrogé successivement par David Mauger et M. Hobeika sur le cout final d’un emprunt toxique récemment renégocié (8% d’intérêts en 2020 !), il reconnut être incapable de répondre : pensez donc, il lui aurait fallu faire des calculs, peut-être même avec un tableur Excel… C’était Pierrot le flou ?!

    Dans la même veine, Jean-Yves Sénant montra une faiblesse inaccoutumée dans sa tentative de réponse à une question écrite d’Isabelle Lajeunie sur l’urbanisme de la zone pavillonnaire. Ne pouvant énoncer clairement que des petits collectifs n’étaient pas illogiques en zone UD s’ils respectaient les prescriptions du plan d’urbanisme, il crut bon de citer une de mes interventions au Conseil en 2013 où je défendais cette position (intervention sur laquelle, 8 ans après, je n’ai rien à retrancher). A cette occasion, il m’affubla du titre de « porte-parole de la liste de gauche ». « Se souvenir des belles choses », la mémoire qui part, tragique… Evidemment, en 2013, il n’y avait pas au Conseil municipal une « liste de gauche », il y avait deux groupes de gauche et je n’étais le porte-parole d’aucun d’entre eux…

    Notre maire poursuivit dans le style « C’est pas de ma faute, c’est les autres ! » au sujet du déploiement de la fibre à Antony. Il y a 6 ans, Patrick Devedjian et Véronique Bergerol s'étaient engagés dans leurs promesses électorales départementales à « achever le déploiement de la fibre optique dans toute la ville d’Antony », notamment grâce à l’opérateur que Patrick Devedjian avait choisi, Covage. Comme ce déploiement n’est toujours pas effectif, Jean-Yves Sénant en fut donc réduit à prier l’Autorité de régulation des télécommunications (ARCEP) d’intervenir pour l’aider à tenir avec retard les promesses de son prédécesseur.

    Sur les tarifs d’animation musicale, Isabelle Rolland, appelée à secourir Pierre Médan sur une question trop ardue de Sylviane Aschehoug, fit une réponse lumineuse en insistant sur le fait qu’être demandeur d’emploi n’était pas, en soi, un indice de fragilité économique, au contraire de l’allocation du RSA. Eh oui, il y a 5 ans c’était justement notre argument pour obtenir un tarif réduit au Sélect pour les allocataires des minima sociaux : preuve tardive de l’efficacité de notre stratégie d’opposition d’influence ! Comme désormais notre combat est le taux d’effort intégral, tous les espoirs nous sont donc permis pour 2025 !...

    Le Conseil municipal eut à délibérer sur la création d’un conseil antonien des Européens où les notions élémentaires de géopolitique ont été un peu bousculées. En effet, la délibération évoquait à la fois les « peuples européens voisins et amis » (donc sans doute avec les Britanniques et les Suisses en tant que voisins et avec les Arméniens et les Libanais comme amis) mais aussi la « citoyenneté européenne » (ce qui implicitement ne concerne que les états membres de l'Union européenne). De plus, le document annexé à la délibération était illustré par 50 drapeaux dont ceux du Vatican, de la Turquie et de la Russie : « Adieu vieille Europe, que le diable t’emporte »… La réponse fut apportée en séance par Rosa Dumoulin, on en resterait à l’Union européenne, les voisins et amis attendront.

    En fin de conseil, Jean-Yves Sénant fit à l’auditoire une surprise au double effet : premièrement, il confirma la prochaine ouverture rue du Bourgneuf d’une maison médicale avec de jeunes généralistes et dans la foulée il a annoncé que ces derniers exerceraient en secteur 1, « en tout cas au début ». C’est quoi le début : deux ans ?

    23/05/21

     

  • Pourquoi je me présente à l’élection départementale ?

    • Par
    • Le 18/05/2021

    Pourquoi je me présente à l’élection départementale ?

    Pour 3 raisons.

    Les Hauts-de-Seine sont mon département, je le connais bien et j’ai envie de l’améliorer. J’habite Antony depuis 20 ans, mon épouse y est née. J’ai aussi étudié à Sceaux, enseigné à Châtenay-Malabry et travaillé à Clamart et au Plessis-Robinson. Membre de Citoyens à Antony de 2007 à 2020, responsable du journal Agora, j’ai suivi en particulier les questions d’urbanisme, de transports, de culture, à la fois à Antony et à l’intercommunalité de l’époque (CAHB). J’ai été conseiller municipal d’Antony dans l’opposition en 2013-14 et, étant susceptible de le redevenir à la première vacance dans le groupe Antony terre citoyenne, j’entretiens mes compétences d’opposant à Jean-Yves Sénant.

    En effet, je veux faire avancer la justice sociale et le virage écologique responsable. A Antony comme dans la globalité d’un département aussi riche que les Hauts-de-Seine, nous avons l’obligation morale de protéger les plus fragiles en les aidant à se loger dignement, à instruire leurs enfants, à surmonter les accidents de la vie. Et face à l’enjeu climatique et écologique, je milite pour des changements radicaux dans nos modes de vie, accessibles à tous, mais sans dogmatisme aucun : ainsi, je ne rejette pas l’énergie nucléaire.

    Je veux servir, pas me servir. Je ne cherche pas à faire une carrière dans la politique, ni à cumuler comme certains les mandats successifs ou simultanés d’élu municipal, régional et départemental : j’ai pris l’engagement de ne pas siéger au conseil municipal si je suis élu conseiller départemental. Par-dessus tout, je souhaite être utile : j’ai œuvré dans des équipes de soins de personnes blessées ou malades pendant plus de 40 ans, je veux désormais contribuer collectivement à la santé morale de mon département et au bien-être de ses habitants.

    Voir le site de campagne sur : Antony : le 92 devrait être plus humain et plus vert (92-humain-et-vert.fr)

  • Vaccination des assesseurs : pourquoi attendre ?

    Dans 7 semaines auront lieu des élections (régionales et départementales). Le Conseil scientifique propose aux maires de faire tenir les bureaux de vote par des assesseurs complètement vaccinés contre la Covid-19. Oui et ensuite ?... En Ile-de-France, le maire de L’Haÿ-les-Roses « anime un groupe de réflexion » depuis la mi-avril, sans résultats apparents. En revanche dans le Gers, pour que la vaccination puisse être complétée d’ici la mi-juin, le Conseil départemental a commencé à vacciner le weekend dernier des citoyens pressentis pour assurer la tenue des bureaux de vote : bravo !

    Mais à Antony ? On ne sait pas… Peut-être le maire a-t-il incité, facilité ou organisé la vaccination des conseillers municipaux (qui sont appelés à présider les bureaux) ? Mais il faut aussi au minimum un vice-président et deux assesseurs pour chaque bureau. Si nous avions un maire prévoyant, il aurait déjà demandé aux présidentes des groupes municipaux d’opposition une liste d’assesseurs potentiels déjà vaccinés et une liste d’assesseurs potentiels à vacciner. Mais peut-être que Jean-Yves Sénant, en démocrate 2.0, envisage-t-il des bureaux de vote avec uniquement des assesseurs de son sérail ?

    03/05/21

    Mots-clés : Pandémie, élections, vaccination, Covid-19

  • Aménagement du quartier Jean-Zay : décryptage

    Avez-vous vu la vidéo sur le futur aménagement du quartier Jean-Zay ? C’est effectivement dispensable mais si vous avez un peu de temps à perdre il y a quelques passages savoureux.

    Bien sûr, tout n’est pas risible. Cela débute même par une intervention de Jean-Yves Sénant expliquant que le quartier Jean-Zay s’appelle ainsi parce qu’il remplace la résidence universitaire Jean-Zay… On sent le vent de l’Histoire nous traverser : avoir un maire aussi brillant, quelle chance ! Evidemment, on aurait pu imaginer qu’il rappelle que Jean Zay, ministre radical de l’Education nationale du Front populaire, a été assassiné par la Milice en 1944 parce que juif. Mais fi de ces détails, Jean-Yves Sénant n’est pas un homme du passé ! D’ailleurs, il chérit tellement l’histoire en général et celle de la résidence universitaire en particulier qu’il les couvre de voiles pudiques mais nous avons déjà eu l’occasion d’en parler ici-même

    Suit un film de 4 minutes supposé illustrer le futur quartier. Première curiosité : un seul vélo représenté, immobile d’ailleurs, cela fait vraiment peu pour un espace dédié aux mobilités douces ! Surprise ensuite : la mixité a été oubliée aussi, les personnes figurées sont essentiellement des jeunes femmes blanches, quelques hommes, pas de vieillards, peu d’enfants, pas de poussettes, pas de Noirs – enfin si, un, toujours le même, sur plusieurs plans, les quotas sont stricts. Incohérence climatique enfin : tout ce beau monde discute sous des cerisiers en fleurs, nous sommes certainement fin mars, d’ailleurs la végétation du Parc de Sceaux n’a pas encore daigné éclore sur les vues aériennes, sauf que les érables du quartier sont largement en feuilles et les habitants en T-shirts et robes légères comme en juin ! Bref, un docu-publicitaire bon marché.

    Les interventions de J-Y Sénant et du Président Berger ramènent le spectateur dans la réalité ou plutôt elles tentent de le faire. Quand la journaliste évoque les équipements publics du quartier, l’autosatisfaction du maire la foudroie : « Une crèche, une école, une médiathèque, c’est déjà pas mal ! ». Il n’insiste d’ailleurs pas trop sur la cour de cette école en terrasse et sur le calendrier qui prévoit que les logements seront livrés fin 2023 et la médiathèque en 2025… Jean-Didier Berger le rejoint dans sa projection temporelle et présente la ligne du tram T10 comme desservant la gare du Grand-Paris-Express de Clamart alors que son terminus de 2023 n’ira guère au-delà de l’hôpital Béclère…

    En ces temps de confinement, nous ne sommes pas autorisés à aller au théâtre mais nos édiles font tout leur possible pour que l’on croie être au cirque.

    20/03/21

    Mots-clés : Antony, Résidence universitaire, Jean Zay, Jean-Yves Sénant, Jean-Didier Berger